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Depuis quelques années les enseignants québécois, ainsi que les chercheurs, sintéressent à la coopération dans la classe. Ils reconnaissent limportance de remplacer, le plus souvent possible, lenseignement magistral qui sadresse à lensemble des élèves de la classe par une approche éducative centrée sur la participation active de tous les élèves. Cette préoccupation est majeure dans le secteur de ladaptation scolaire, car depuis quelques années, il sy vit dimportantes transformations. Dabord, lintégration en classe ordinaire des élèves handicapés et en difficulté dadaptation ou dapprentissage est une réalité pour 55% dentre eux. De plus, on observe dans les classes ordinaires, une augmentation du nombre délèves à risque qui manifestent des difficultés dapprentissage ou des difficultés dadaptation. Enfin, les enseignants des classes spécialisées tant au primaire quau secondaire, constatent que les écarts au plan social, au plan affectif ou au plan intellectuel saccroissent entre leurs élèves : les classes deviennent de plus en plus hétérogènes. Les recherches actuelles démontrent que la coopération qui sinstaure dans les classes selon les principes de lapprentissage coopératif donne des résultats positifs. Ainsi, selon Slavin (1991), la coopération contribue à améliorer lestime de soi des élèves, leurs relations intergroupes et leurs attitudes face à lécole. En ce qui a trait aux élèves handicapés, intégrés en classe ordinaire, lutilisation de lapprentissage coopératif améliore leurs résultats scolaires tout en contribuant à renforcer leurs liens damitié avec les autres élèves de la classe. Par ailleurs Slavin (1991) fait état de recherches qui ont été menées dans des classes pour élèves ayant des troubles de comportement et qui, grâce à lapprentissage coopératif, démontrent des comportements plus adaptés et sont davantage centrés sur la tâche à réaliser. La coopération en classe ordinaire ou dans les classes dadaptation scolaire peut se développer par les méthodes dapprentissage coopératif. Celles-ci suggèrent de former des groupes restreints où linteraction entre les élèves accroît leur engagement et leur responsabilité à légard des apprentissages. Dans ces groupes restreints, hétérogènes la plupart du temps, les élèves apprennent à contribuer à une tâche commune et à sentraider pour que tous réussissent ; chaque élève participe donc activement aux réalisations de son équipe grâce à la communication verbale qui prend alors une place importante. Précisons que la coopération entre les élèves saccroît, lorsquils maîtrisent un certain nombre dhabiletés de type social ou de type cognitif. La coopération dans la classe ordinaire ou spécialisée peut contribuer à atténuer les écarts entre les individus. Selon Cohen (1994) la coopération est considérée comme une approche éducative qui favorise la réussite de tous les élèves, même celle de ceux ayant des caractéristiques très différentes de la majorité. Mais, quelques conditions doivent être présentes, pour que la coopération sétablisse : les chercheurs mentionnent souvent la préparation des élèves à la coopération, létablissement de linterdépendance positive entre les coéquipiers et la maîtrise dhabiletés coopératives comme étant des facteurs importants de réussite. La coopération ne doit pas être développée uniquement pour améliorer les résultats scolaires des élèves, leur estime de soi ou lamitié entre eux ; elle doit être dabord perçue comme une qualité morale qui incite les individus à interagir avec dautres, dans le respect mutuel et en les considérant comme des égaux. Aronson et Patnoe (1997) écrivaient récemment que la coopération est tellement importante quelle doit être absolument acquise par les individus pour survivre dans notre société.
Références : Aronson E. et S. Patnoe. 1997. The Jigsaw Classroom. New-York : Longman, 150 p. Cohen, E. 1994. Le travail de groupe, Stratégies denseignement pour la classe hétérogène. Trad. De F. Ouellet. Montréal : Éditions De la Chenelière, 207 p. Slavin, R. E. 1991. " Synthesis of Research on Cooperative Learning ". Educational Leadership, no. 48, vol 4, p.71-82. |
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Page retouchée le 15 décembre 2000