Thématique > Coopération


Questions de l’heure


Cette rubrique comprend des questions qui sont couramment soulevées par des enseignants, des parents, des étudiants. Chacune des questions posées reçoit une réponse, habituellement courte, de la part de la personne responsable du développement du thème, et de son équipe.


Questions d’ordre pratique

Par Jean-Pierre Jodoin


Les questions suivantes à propos de la coopération sont souvent posées par des enseignants qui participent à des formations en apprentissage coopératif ou qui implantent l’apprentissage coopératif dans leur classe.

1. Les élèves qui ont travaillé individuellement pendant des années ne sont pas tous préparés au travail coopératif. Doit-on préparer ses élèves au travail coopératif ? Quelle forme doit prendre cette préparation ? [ réponse ]

2. Il arrive parfois que les méthodes coopératives ne donnent pas les résultats attendus et que la coopération ne se développe pas vraiment entre les membres du groupe. Quelles sont les principaux obstacles à la coopération ? [ réponse ]

3. La taille des groupes coopératifs est-elle un facteur important à considérer ?
[ réponse ]

 

Réponses:

1. La préparation des élèves au travail coopératif est capitale. Le fait de placer des élèves en groupes restreints et de leur demander de coopérer n’assure pas qu’il le feront. Il faut donc prévoir des activités de préparation au travail coopératif.

Voici quelques suggestions :

  • On doit susciter l’intérêt des élèves pour le travail d’équipe et la coopération. On peut organiser une discussion qui permet aux élèves d’identifier des secteurs de l’activité humaine où la coopération se vit. Voici quelques questions à soumettre à la discussion : Pourquoi la coopération est-elle importante ? Quelle forme prend-elle ? Quels comportements les individus démontrent-ils lorsqu’ils coopèrent ?
  • Il est important d’amener les élèves à reconnaître et à apprécier les différences individuelles des autres élèves de la classe. Dans les classes ordinaires, il arrive parfois que des élèves rejettent ceux qui éprouvent des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage et refusent de les choisir comme coéquipiers. On doit donc fournir beaucoup d’occasions aux élèves de mettre en évidence leurs talents, leurs capacités, leurs forces et leurs habiletés personnelles.

  • Il est capital d’enseigner les habiletés de base de coopération avant de débuter le travail coopératif. Les concepteurs des méthodes coopératives classent généralement les habiletés coopératives en trois groupes : les habiletés sociales, les habiletés cognitives et les habiletés de communication. Les praticiens mentionnent que la plupart des élèves doivent apprendre à reconnaître les comportements qui sont coopératifs; auparavant, ils ont eu peu d’occasion de les mettre en application dans un contexte d’enseignement traditionnel. On devra donc accorder une place extrêmement importante à l’enseignement des habiletés coopératives lorsqu’on prépare les élèves à la coopération.

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2. Depuis quelques années, des chercheurs et des enseignants ont identifié des obstacles à l’émergence de la coopération dans la classe. Voici une liste d’obstacles qui ont été relevés :

  • La préparation des élèves au travail coopératif n’est pas suffisante avant de former des groupes restreints ; [ voir la question 1]

  • On n’accorde pas suffisamment de place à l’enseignement des habiletés coopératives ; [ voir la question 1]

  • La compétition peut se développer entre les équipes , ce qui peut détruire le sens de la coopération qui émerge ;

  • Imposer des coéquipiers peut parfois rendre improductif le travail d’une équipe ;

  • Les récompenses extrinsèques peuvent démotiver les élèves à coopérer parce qu’ils ne perçoivent plus la coopération comme une valeur à acquérir ;

  • Le nombre d’élèves par groupe est un facteur déterminant. [ voir la question 3]

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3. La taille des groupes coopératifs est un facteur important à considérer.
Lorsqu’on implante l’apprentissage coopératif dans sa classe, on doit prévoir des activités en dyades pendant quelques temps. On poursuit plus longtemps lorsqu’on retrouve dans sa classe des élèves manifestant des difficultés d’ordre comportemental ou des élèves qui ne maîtrisent pas suffisamment les habiletés coopératives.

La plupart des enseignants qui ont connu du succès en implantant l’apprentissage coopératif suggèrent de ne pas dépasser 4 élèves dans chacun des groupes coopératifs. Au delà de cette taille, l’animation devient difficile et les relations interpersonnelles sont plus complexes. Un plus grand nombre d’élèves par groupe pourrait empêcher la productivité et peut-être même la réalisation de la tâche demandée. L’expérience nous démontre qu’une équipe constituée de 5 ou 6 élèves a tendance à se scinder rapidement en sous-groupes.

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Page retouchée le 15 décembre 2000