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Dans les faits, les individus de cécité totale ne représentent quune infime partie de ceux qui vivent avec une telle déficience. La déficience visuelle de plusieurs individus malvoyants passe pratiquement inaperçue car presque rien ne les distinguent des voyants : ils se déplacent de façon autonome, sans canne blanche, ni chien guide, et lisent limprimé courant plutôt que le braille.
Définition Deux notions de capacité de la vision servent à définir le seuil de la déficience visuelle : lacuité visuelle qui concerne la capacité de lil à percevoir le plus petit détail et le champ visuel qui concerne la capacité de lil à couvrir une superficie lorsquil fixe une cible. Au sens de la loi canadienne, une personne est considérée comme aveugle lorsque son acuité visuelle dans les deux yeux, après correction par lusage de lentilles réfractrices appropriées, est dau plus 6/60 daprès léchelle Snellen ou léquivalent, ou si le champ de vision dans chaque il est dun diamètre inférieur à 20 degrés. (Loi sur les aveugles, règlement concernant les aveugles, révoquée et modifiée, P.C. 1962-1038, 25 juillet 1962, Ottawa, Ontario) Un il dont lacuité visuelle est de 6/60 signifie quil doit être à 6 mètres dune cible pour la reconnaître tandis quun il normal reconnaîtrait cette même cible à 60 mètres. Avoir un champ visuel de 20 degrés signifie quà linstant où lil fixe une cible, il nen perçoit quune étendue restreinte par rapport à la superficie que peut couvrir un il normal dont le champ est denviron 160 degrés sur le plan horizontal. Au Québec, la norme définissant la déficience visuelle est moins restrictive que la norme canadienne. Elle englobe lensemble des individus dont lacuité visuelle est inférieure à 6/21 ou dont le champ visuel est inférieur à 60 degrés. On remarquera que la norme établie par la législation canadienne définit lindividu comme étant «aveugle» tandis que la norme établie par les provinces définit les individus comme ayant une «déficience visuelle». La norme canadienne est exclusivement dordre médical. Mais les normes provinciales, en plus de laspect médical, tiennent compte de laspect fonctionnel de la vision. En effet, elles considèrent linaptitude à lire et à écrire et linaptitude à se déplacer de façon autonome. Quoique lévaluation médicale soit significative et révèle des données importantes, elle ne constitue par contre quun élément permettant de comprendre de quelle façon la vision est utilisée. En effet, deux individus ayant les mêmes caractéristiques médicales par rapport à leur vision peuvent être différents quant à lutilisation quils en font. Or, en ce qui a trait à la réadaptation et à la scolarisation, lutilisation du reste de la vision demeure lélément le plus important. Cest pourquoi, pour mieux saisir le fonctionnement de lun et lautre, les intervenants sentendent pour distinguer les individus déficients visuels "fonctionnellement aveugles" de ceux qui sont "fonctionnellement voyants ". Les uns utilisent exclusivement le braille pour lire et écrire, tandis que les autres utilisent exclusivement limprimé ordinaire ou limprimé de taille agrandie. Certains utilisent le braille et limprimé ordinaire selon le contexte de travail. Les intervenants en réadaptation et en scolarisation considèrent avec beaucoup dattention deux précisions qui relèvent de loptométrie : la vision au près et la vision au loin. On parle de vision au près en situation de lecture et décriture. On parle de vision au loin en appréciation des objets de lenvironnement. texte écrit par Jean Jacques
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Page retouchée le 22 janvier 2001