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par Lucie DeBlois
Afin dintervenir de façon pertinente auprès des élèves qui éprouvent des difficultés, différentes avenues ont été explorées pour comprendre le phénomène. Ainsi, des recherches ont tenté dexpliquer la difficulté à apprendre en posant lhypothèse dune dysfonction mineure du système nerveux central, dautres se sont attardées à identifier lécart entre les réponses attendues et celles qui étaient obtenues, dautres, enfin, se sont intéressés au processus dans lequel sinscrit lélève qui apprend. Attardons-nous brièvement à chacune de ces avenues afin den saisir la portée. Lhypothèse dune dysfonction cérébrale mineure est la position défendue par lAssociation des troubles dapprentissage du Québec (AQETA, 1990). Cette dysfonction affecterait lorganisation, lintégration et la synthèse de linformation. Dans cette perspective, le trouble dapprentissage persiste avec lâge et à travers les différentes cultures. On parle alors de dyscalculie, de dyslexie, de dysorthographie. Il faut savoir que plusieurs études révèlent que les relations entre les difficultés dapprentissage et les problèmes neurologiques ne sont pas encore aujourdhui clairement démontrées. En effet, malgré la corrélation entre ce dysfonctionnement et les troubles dapprentissage, une relation de cause à effet na pas encore été mise en lumière. Les interventions proposées portent principalement sur certains préalables à lapprentissage et sont parfois très éloignés du contexte scolaire ou trop peu signifiants pour les enfants. Les années 1970, avec leur mouvement dintégration, amènent une réflexion différente. La cause des difficultés dapprentissage nest plus interprétée comme étant le résultat dune dysfonction cérébrale mineure. Cest par lécart existant entre lévaluation des habiletés intellectuelles (Q.I) et les performances académiques observées chez les élèves ou entre les performances dun ensemble délèves par rapport à ceux dun élève en particulier qui permettent didentifier lélève qui éprouve des difficultés dans lapprentissage dune notion. Cette interprétation offre une alternative alléchante à qui recherche une intervention rapide et efficace à lécole. En effet, laccent est mis sur lorganisation du contenu et de lenvironnement en attribuant à lenfant le rôle de récepteur. Létude des concepts vus dans la classe sont formulés selon des objectifs gradués et hiérarchisés, souvent accompagnées de lapplication de principes de renforcement. Nous savons aujourdhui quune intervention basée uniquement sur les conditions denseignement ne peut résorber tous les problèmes causés par lapprentissage de nouvelles notions. En effet, les progrès sont généralement jugés insatisfaisants puisquils ne sont ni durables, ni généralisables et ce, malgré lidentification dobjectifs à court terme. Depuis le début des années 80, des études se sont attardées aux processus mentaux des élèves qui apprennent. Les stratégies des élèves, leurs représentations ou leurs conceptions et les liens quils établissent entre leurs connaissances sont identifiées. Lintervention porte alors sur la modélisation des stratégies efficaces, sur la proposition de contre-exemples, sur un questionnement favorisant la réflexion et sur la prise de conscience de leurs connaissances. Lintervenant devient un médiateur et lenfant, un chercheur. Actuellement, laccent est mis sur les effets interactifs entre les facteurs dapprentissage. Cette volonté de combiner les forces des différentes théories, vise à rechercher une nouvelle façon de définir ce quest la difficulté dapprentissage afin dadapter lintervention. On admet alors que lapprentissage peut être réalisé différemment, emprunter des parcours peu connus. Lapprentissage est vu comme la transformation des connaissances, ce qui permet de voir lapprentissage comme une phénomène dadaptation. Lintervention ne peut ainsi se satisfaire dentraînement sur des préalables ou de transmission de connaissances. Les critères utilisés pour déterminer la difficulté dapprentissage ne font pas lunanimité. Les relations entre les dysfonctions cérébrales mineures et les problèmes dapprentissage ne sont pas clairement démontrées. En outre, en exprimant la difficulté dapprentissage uniquement selon un retard scolaire, nous ne pouvons discriminer les enfants qui réussissent de ceux qui comprennent. Aussi, en centrant notre regard strictement sur lélève, nous échappons à une analyse didactique des difficultés rencontrées par lélève. Lélève, cest celui pour qui on a aménagé une situation denseignement dans lintention de lui donner accès à des savoirs établis culturellement. Létude des difficultés dapprentissage ne peut donc être totalement dissociée de celle des conditions dans lesquelles lélève manifeste ces difficultés. Lanalyse didactique ouvre sur le fonctionnement du système didactique, autrement dit, sur létude des relations entre lenseignant, lélève et le savoir en jeu. Les théories en didactique des mathématiques offrent des outils conceptuels et méthodologiques permettant daborder la problématique des difficultés dapprentissage dun point de vue systémique. Ainsi, dans le cadre des textes déposés dans la section difficultés dapprentissage en mathématiques, nous avons choisi de présenter un état davancement des connaissances qui tient compte de lévolution que nous venons de tracer brièvement. Nous nous sommes donc attardées aux différents facteurs qui interagissent durant lapprentissage mathématique des élèves. Il est aussi possible de retrouver une rubrique portant sur les questions posées par des élèves, des parents ou des intervenants et des intervenantes du milieu scolaire. Une bibliographie annotée pourra permettre daller plus loin par la lecture darticles ou de livres qui vous intéressent.
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Page retouchée le 13 janvier 2001