Questions de
lheure
Cette rubrique comprend des questions qui sont couramment
soulevées par des enseignants, des parents, des
étudiants. Chacune des questions posées
reçoit une réponse, habituellement courte, de la
part de la personne responsable du développement du
thème, et de son équipe.

préparé par
Lucie Deblois et Jacinthe Giroux
Questions posées par :
- des enseignants
- des parents
- des étudiants et des
étudiantes
- des élèves
1) Questions
posées par des enseignants.
1- Lorsquil manque une donnée dans une
addition ou une soustraction (?-7=9), plusieurs de mes
élèves de 3ième ont tendance à faire
lopération avec les nombres quils ont devant
eux (9-7=2). Pourquoi ont-ils ce problème? Ils connaissent
déjà les symboles (-,+.=)?
Lélève qui lit un texte en français
doit donner un sens aux symboles. En mathématiques, il en
est de même. La réalisation de
lopération (? -7 =9) demande donc beaucoup plus que
la connaissance des symboles -, +, =. Elle demande que
lélève lise ce code en lui donnant un sens,
un peu comme on lit les mots en français en leur donnant
un sens. Lélève doit donc se donner une
compréhension des symboles, par exemple, en lisant :
À quel nombre puis-je enlever 7 pour obtenir 9. Cela
implique donc une interprétation du symbolisme.
Lélève doit aussi comprendre que la
soustraction est lopération inverse de
laddition. En effet, dans le cas où
lélève na pas découvert cette
relation entre laddition et la soustraction, il ne peut
penser résoudre ? -7 =9 en faisant 7 +9 =16.
Enfin, lélève a été
habitué à trouver des réponses pour des cas
comme 3 +2 = ou 6 -4 =. Il a donc été
habitué à utiliser les symboles qui sont
présentés selon un ordre particulier (premier terme
et deuxième terme) pour les traiter selon cet ordre et
trouver le troisième terme. En outre, dans les additions
de type 4 + 5 = ?, les enfants peuvent se représenter
dabord 4 et ensuite 5 (deux parties dun tout) pour
ensuite procéder à la composition de ces nombres
pour trouver le tout. Alors que dans les additions de type 4 + ?
= 9, les enfants doivent penser simultanément au tout et
aux parties. Les relations à établir entre les
nombres sont alors plus complexes. Cest ainsi que les
élèves répondant 13 à cette addition
répondent véritablement à la lecture
quils font de léquation (4 + 9 = ?). Ils
résolvent pourrions-nous dire correctement
léquation quils ont
interprétée.
Dans le cas qui nous préoccupe,
lélève doit donc interpréter
différemment lopération
présentée (en pensant simultanément aux
parties et au tout) et développer dautres
stratégies.
Lucie DeBlois et Jacinthe Giroux.
2- Un de mes élèves de 2ième
année est en difficulté dapprentissage. En
mathématiques, lorsquil a une feuille sur laquelle
on retrouve des soustractions et des additions, il va bien
réussir les 4 ou 5 premiers problèmes pour ensuite
se mélanger dans ses opérations. Cest comme
sil ne reconnaissait plus les symboles
mathématiques. Que puis-je faire pour que cet
élève ait une meilleure concentration?
Il se peut que cet élève dépense une
énergie incroyable pour réaliser les 4 ou 5
premiers problèmes. Il est donc normal quil se
fatigue plus rapidement quun autre élève. Au
moment où les stratégies quil utilise pour
résoudre les problèmes lui demanderont moins de
concentration, il sera en mesure de résoudre une
série plus longue dexercices. Toutefois, à
chaque fois que cet élève devra développer
une nouvelle stratégie, il devra dépenser une
énergie accrue, ce qui amènera des erreurs si trop
dexercices sont présentés.
Lenfant ne confond donc pas véritablement les
signes ou les opérations, il recourt à la
stratégie quil vient de mettre en place pour
effectuer lexercice suivant.
Lucie DeBlois et Jacinthe Giroux
3- Dans ma classe de 2ième année, jai
un petit garçon qui a de la difficulté en
mathématiques. Lorsquil additionne ou soustrait sa
réponse, il, obtient souvent 1 de plus ou de moins.
Jai essayé plusieurs stratégies comme la
manipulation de jetons, mais son problème persiste.
Comment devrais-je morienter pour aider cet enfant?
Contrairement à ladulte qui souvent
récupère directement les résultats
mémorisés, lenfant doit faire appel à
une stratégie particulière pour trouver la
réponse. En dautres mots, lenfant de
deuxième année doit se référer
à un modèle (stratégie) de comptage*.
Certaines de ces stratégies sont mieux adaptées que
dautres, compte tenu du contexte. La plupart du temps, les
enfants de cet âge utilisent une stratégie comme le
comptage 1 par 1 pour trouver une réponse. Toutefois,
lenfant dénombre-t-il "les pas" entre les nombres ou
la quantité de nombres?
Un des passages importants dans le développement des
stratégies de calcul est la transition entre le
dénombrement (comptage par 1) le comptage proprement.
Cette stratégie consiste à partir du premier terme
et à ajouter (ou à enlever) le second terme. Une
erreur dans lapplication de cette stratégie est
alors fréquente chez les élèves. Par exemple
pour résoudre 4 + 3 = ?, lenfant intégrera 4
dans la suite (4-5-6) pour obtenir 6 plutôt que 7. Cette
erreur ne peut toutefois être associée à une
difficulté majeure car elle se corrige normalement avec
lexpérimentation. Peu à peu, lenfant
partira utilise le nombre 4 comme point de départ pour
avancer de 3 nombres (pas) dans la suite des nombres (5-
6-7).
Pour que lenfant puisse reconnaître son erreur, on
peut toutefois lui demander deffectuer 5 + 1 = ?, la
réponse 5 est ainsi difficilement conciliable avec une
conception de laddition qui augmente le nombre de
départ. On peut aussi lui proposer de manipuler des
objets. Cela permet de voir comment lenfant
procède.
Michel Couture et Jacinthe Giroux
Fayol, M. (1990). Lenfant et le nombre. Delachaux
et Niestlé, Paris, p, 105-148.
Baroody, J. A. (1991). Remédier aux difficultés
courantes du comptage. Les chemins du nombre. Presses
Universitaire de Lille : France. p.377-400.
4- En géométrie, plusieurs
élèves de 4ième confondent carré et
cube. Dans un exercice, plusieurs vont écrire sous
limage dun carré le mot cube et sous
limage dun cube le mot carré. Quelle est la
cause de cette confusion?
Il est possible dentendre des élèves qui
utilisent le mot "carré" lorsquils parlent des
"cubes". Ils vont également parler des "pyramides" en
utilisant le mot "triangle". Nous pouvons poser quelques
hypothèses.
- Les enfants utilisent le vocabulaire quils connaissent. Ils
connaissent le mot "carré" et de plus ils ont une
représentation assez fidèle de ce que ce mot
traduit. Ainsi, quand ils observent un cube ils sont capables de
reconnaître des formes carrées pour chacune des
faces de ce cube.
- Lutilisation considérable dimages
(représentations bidimensionnelles) dans lapprentissage
de la géométrie pourrait être un facteur qui
contribue à cette confusion. En effet, lorsque je dessine
un cube sur une feuille, quelle est la forme qui est au premier
plan? Lune des faces qui représente un carré.
Il faudrait donc peut-être intervenir en
précisant le vocabulaire utilisé lorsque nous
travaillons sur un plan (en deux dimensions) et dans un espace
à trois dimensions.
Nancy Vézina

2) Questions posées par des
parents
1. Mon enfant est en deuxième année et il
compte toujours sur ses doigts lorsquil doit additionner ou
soustraire. Est-ce que cest normal? Dois-je le laisser
faire?
2- Mon enfant de 4ième a beaucoup de
difficulté à apprendre ses tables de
multiplication. Y a-t- il un autre moyen que lui faire apprendre
par cur pour quil puisse enfin les retenir?
Quelques tables se mémorisent plus facilement que
dautres. Par exemple les "doublets" tels que 4 X 4, la
table de 2 (2 X 9 ; 2 X 8), la table de 5 (5 X 4) et la table de
10 (10 X 3). Ces tables peuvent donc être apprises
dabord; elles pourront servir à construire les
autres.
On pourrait penser ensuite à lamener à
développer des stratégies de comptage pour se
dépanner. Par exemple, 2 x 9, cest compter par 2
neuf fois. On pourrait aussi lui permettre de découvrir
que 2 x 9 donne le même résultat que 9 x 2 ou que 8
x 7 = (8 x8) - 8. Cela diminuerait la mémorisation de
beaucoup.
Lucie DeBlois et Jacinthe Giroux
3. Lordinateur prend de plus en plus de place dans
les écoles. Cet outil est-il aussi ou plus valable
quune manipulation de matériel en classe et peut-il
contribuer à améliorer significativement les
habiletés en mathématiques des élèves
en difficultés?
Précisons tout dabord que les opinions sur
limpact de lordinateur sur les apprentissages des
enfants sont très partagées. De ce fait, il y a
plusieurs facteurs à considérer pour savoir si les
activités informatiques sont aussi valables quune
manipulation de matériel. En effet, le logiciel
utilisé, le savoir quil implique, la qualité
de la planification de lenseignant, le type
délève sont autant de points à prendre
en compte.
Répondre à cette question tient donc plus du cas
par cas que dune généralisation., Prenons un
exemple. Avec lordinateur, lenfant manipule par
lintermédiaire dun clavier ou dune
souris, sans avoir besoin dorganiser les objets. Une
organisation est déjà structurée par le ou
la conceptrice du logiciel. La manipulation dobjets quant
à elle, implique la nécessité
dorganiser cette action. Une réflexion sur
laction peut alors susciter une construction de la
pensée de lélève par rapport à
lun ou lautre concept. Une activité
informatique serait-elle comparable à une manipulation
dobjets?
Certains chercheurs sentendent sur le fait que
lordinateur peut améliorer les attitudes des
élèves. Il ne sagit pas ici
dhabiletés académiques, mais plutôt
dattitudes personnelles qui influenceraient tôt ou
tard les connaissances dun élève. En effet,
certaines enfants craignent le jugement et
lévaluation. Lordinateur permet une grande
indépendance face au jugement. De plus, lordinateur
est un outil qui crée un environnement qui refuse
limprécision. Un programme informatisé peut
dans certains cas obliger à structurer laction.
Enfin, lordinateur est un outil très motivant pour
lenfant.
Si la motivation peut être stimulée, lenjeu
porte essentiellement sur la relation entre laction du
joueur et le type de rétroaction que lui fournit le jeu
informatisé. Autrement dit, sur les informations
transmises par le jeu sur laction posée. En effet,
le programme informatisé peut être
intéressant dans la mesure où il donne une
rétroaction rapide donnant de véritables
informations sur le résultat de laction
posée. Autrement dit la rétroaction, pour
être "constructive", doit faire plus que simplement
signaler la réussite ou léchec de type
"Essaie à nouveau ou Bravo, tu as réussi!".
La question quil faut poser, comme intervenant ou
intervenante, est donc celle-ci : Est-ce que le programme
informatique qui propose de travailler un savoir permet des
accès à ces savoirs autres que ceux qui sont
aménagés sur une feuille dexercice ?
Michel Couture, Jacinthe Giroux et Lucie DeBlois
Annette Dugas (1987). Le pouvoir dapprendre. Les
éditions Agence dArc. Montréal.
Institut national de recherche (1996.) Informatique et
éducation : regards cognitifs, pédagogiques et
sociaux.
4. Certains élèves ont de la
difficulté à lécole et dautres
pas. De ce fait, la logique quimplique les
mathématiques est-elle innée ou acquise?
Depuis les travaux de Piaget, on a pu étudier le
développement de la pensée logique et
mathématique des enfants. On sait maintenant que la
pensée des enfants se développe, entre autres,
à partir de leurs activités. Toutefois, il est
impossible de distinguer (et les débats sont encore
nombreux) ce qui relève de linné et de
lacquis.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés
dun élève. Toutefois, pour aider les
élèves qui ont de la difficulté, nous avons
intérêt à les amener à être
actifs "dans leur tête" et à sexprimer sur ce
quils font. En nous faisant part de leurs
découvertes, ils identifient des caractéristiques,
des relations entre ces caractéristiques et surtout, ils
apprennent à établir des relations.
Lucie DeBlois
5. Ma fille de 4ième année se
décourage facilement lorsquelle fait des
problèmes écrits. Elle a de la difficulté
à comprendre ce quelle doit faire dans de tels
problèmes. Y a-t-il des étapes à suivre pour
laider à persévérer?
Malheureusement, il nexiste pas de recettes miracle.
Toutefois, en demandant à lélève de
mimer ce qui se passe dans le problème ou de dessiner
(bandes dessinées) ce qui se passe dans le
problème, nous lamenons à repérer les
données qui sont importantes. Nous lamenons aussi
à établir des relations entre ces données.
Toutefois, le dessin parfois représente très mal
surtout sil sagit de relations statiques (comparer,
réunir ou compléter un ensemble)
À partir du moment où lélève
peut repérer les données qui sont importantes et
quelle peut établir des relations entre elles; elle
a des outils pour mieux comprendre ce quelle doit trouver.
En fait, le problème se situe souvent au niveau des
relations à établir entre les données.
Lucie DeBlois et Jacinthe Giroux
6. Mon enfant est en deuxième année et il
compte toujours sur ses doigts lorsquil doit additionner ou
soustraire. Est-ce normal ? Dois-je le laisser faire ?
Cette procédure est tout à fait naturelle pour
un enfant de deuxième année. En outre, les doigts
sont un moyen aussi valable que les jetons ou les petits cubes.
Il ny a rien de mieux pour lenfant que ses propres gestes afin
de résoudre un problème mathématique en
mimant à laide de ses doigts. Pour la manipulation, la
disponibilité, la rapidité et la visibilité
quils procurent, les doigts sont un support essentiel au
développement de lenfant au niveau de la construction de
sa propre logique en mathématique.
De façon plus explicite, les habiletés de
comptage se développent progressivement. Au début,
lenfant va apprendre la comptine des nombres afin de
mémoriser les mots correspondants au nombre. On
développe ainsi son système verbal. Lenfant fera
par la suite le dénombrement, cest-à-dire des
relations entre les " mots-nombres " et les objets. Il
élaborera ainsi une relation entre le comptage et la
quantité lui permettant de construire peu à peu sa
compréhension de la numération. En dautres mots,
il construira dans sa tête son sens de la valeur pour un
groupe dobjets. De ce fait, lenfant aura besoin de se
représenter cette valeur pour développer plus
facilement sa compréhension du nombre. Ses doigts seront
donc un outil rapide et disponible lui permettant de voir les
quantités et dexercer un contrôle. Cette
représentation du nombre est aussi appliquée dans
les opérations daddition et de soustraction car il peut
voir et mieux contrôler la quantité quil
enlève ou ajoute.
Michel Couture
Brissiaud, Rémi. 1991. Un outil pour construire le
nombre : les collections témoins de doigts. Les chemins
du nombre. France : Presses Universitaires de Lille.
DeBlois, L. (1999) Le nombre : son écriture et son
sens. Instantanés Mathématiques. St-Laurent
(Québec), XXXV (3), 5-10.

3) Questions posées par
des étudiants et des étudiantes
1. Puisque lapprentissage par les pairs est
encouragé actuellement, quelle différence y a-t-il
entre apprendre par la réponse dun autre
élève et apprendre par la réponse de
lenseignant ou de lenseignante?
2. Faut-il toujours faire manipuler les
élèves pour introduire une nouvelle notion
mathématique?

4) Questions posées par les
élèves
1. Est-ce que pour 23 je peux écrire une dizaine de
20 ?
Cette question a été posée par un
élève dune classe difficulté
dapprentissage au premier cycle primaire alors quil doit
décomposer le nombre 23.
Des éléments de réponse seront
disponibles bientôt.
2- Est-ce quune perpendiculaire cest la
même chose quun angle droit?
Un élève de 4ième.
Dans tes cahiers tu as dû observer que cest parce
que jai "deux lignes" (segments de droite) qui sont
perpendiculaires que tu as un angle droit. Lorsque tu parles
dune perpendiculaire, tu parles de lun des deux
segments de droite ou de lune des deux droites qui se
coupent. Lorsque tu parles dun angle droit, tu parles
dun type dangle particulier, celui qui est
formé par les deux segments de droite ou les deux
droites.
Ainsi, selon la façon dont les segments de droites sont
placés, tu pourras former un angle droit ou non.
Lucie DeBlois
2- Dans le nombre 243, est-ce quil y a 24 dizaines ou
est-ce quil y en a seulement que 4? Un élève
de 3ième.
Tu as raison de dire quil y a 24 dizaines dans le nombre
243. Il semble cependant que ta question demande une petite mise
au point entre "valeur dun chiffre" dans le nombre 243 et
"position dun chiffre" dans le nombre 243.
Imagine que tu aies 243 pommes devant toi. Tu dois voir un
gros tas de pommes. Si tu décides de grouper tes pommes
par paquets, tu auras peut-être plus de facilité
à les compter pour tassurer que tu as bien 243
pommes.
Si tu groupes des pommes en paquets de dix. Combien auras-tu
de paquets de dix pommes? (.... 24?). Tu as raison, 24 paquets de
10 pommes, donc 24 dizaines de pommes.
Maintenant si tu veux écrire le nombre 243, quels sont
les chiffres que tu utilises? (4, 3 et 2?) Tu as raison ce sont
les bons chiffres. Mais comment peux-tu les placer pour
quon puisse lire le nombre deux cent quarante-trois?
432?, 342?, 234?, 243?
243. Cest alors que le 4 occupe la position
dizaine dans le nombre 243.
Lucie DeBlois
DeBlois, L. (1999) Le nombre : son écriture et son
sens. Instantanés Mathématiques. St-Laurent
(Québec), XXXV (3), 5-10.
3- Si jadditionne 2 nombres ayant chacun une virgule
(7,3), combien vais-je avoir de virgule(s) dans ma
réponse?
Il est difficile de répondre à cette question en
comptant le nombre de chiffres après la virgule. Il est
plus facile de dire lire chacun des termes de
lopération et de chercher à comprendre ce que
cela veut dire. Par exemple, : "Si jai le nombre 7
unités et 3 dixièmes auquel jajoute 7
unités et 3 dixièmes, jaurais 14
unités ( ou 1 dizaine et 4 unités) et 6
dixièmes". Essaie de lire chacune de ces opérations
de la même manière.
| 7,3
+7,3
14,6
|
7,3
+7,7
15
ou 14 et
10 dixièmes
|
7,3
+7,8
15,1
ou 14 et 11 dixièmes
|
7,3 ou 7,30
+7,14
14,44
|
Tu as lu? Tu constates donc quil ne sagit pas de
compter le nombres de chiffres à droite de la virgule. Il
sagit plutôt de transformer des dixièmes en
unités (sil y en a dix) ou des centièmes en
dixièmes (sil y en a dix). Pourquoi? Pour continuer
(comme pour les nombres sans virgule) de travailler avec des
paquets qui ne seront pas plus grands que dix.
Lucie DeBlois
4- Est-ce que pour 23 je peux écrire une dizaine de
20 ?
Il est vrai que le mot dizaine représente un groupement
dobjets, mais il nest pas exact décrire
quil y a une dizaine de 20 dans 23. Dans ta tête tu
penses au mot dizaine pour parler dun groupe, mais fais
attention de ne pas oublier que ce sont toujours des groupes de
10 lorsque tu vois le mot dizaine. Le mot dizaine vient du mot
dix. Le mot dizaine veut dire seulement paquet de dix. Tu peux
avoir un paquet de dix ou plusieurs paquets de dix.
Imagine que tu as 23 jetons dans tes mains. Il est vrai que tu
serais capable de faire un groupe ou un paquet de 20 jetons. Cela
sappellera une vingtaine. Il ne sagit donc pas
dun paquet de 20 dizaines, mais bien dun paquet de 20
jetons. Donc, pour revenir à ta question, il nest
pas vrai de dire quil y a une dizaine de 20 dans le nombre
23. Il y a plutôt 2 dizaines ou 2 paquets de 10 (10 + 10 =
20).
Michel Couture et Lucie DeBlois
DeBlois, L. (1999) Le nombre : son écriture et son
sens. Instantanés Mathématiques. St-Laurent
(Québec), XXXV (3), 5-10.