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Comment procéder à laccélération scolaire des élèves doués? Françoys Gagné
Ce texte est tiré et adapté du livre de Françoys Gagné (1986), Douance, talent et accélération scolaire : du primaire à luniversité, Montréal, Centre Éducatif et Culturel Inc. , p. 265-282. Nous tenons à remercier la maison dédition qui nous a permis de reproduire ces extraits.
INTRODUCTION Ce texte traite du cadre dimplantation de laccélération scolaire : QUI? (critères didentification de la population cible, cest-à-dire des sujets "accélérables") ; COMBIEN? (taille de cette population cible, en tant que pourcentage de la population scolaire totale) ; QUOI? (choix à effectuer parmi lensemble des modalités accélératrices) ; QUAND? (moment approprié pour introduire une mesure accélératrice); et finalement, COMMENT? (conditions facilitatrices dun cheminement accélérateur).
QUI? Nous abordons, dans cette première section, le thème de lidentification des élèves "accélérables". Nous ne pourrons toutefois pas décrire dans leurs moindres détails les étapes de cette démarche; nous présenterons plutôt quelques principes généraux, laissant au lecteur le soin de les étendre à déventuels projets locaux. Il faut dabord se demander pourquoi il faut entreprendre une démarche didentification; ne suffirait-il pas simplement de concevoir un programme accélérateur, de produire et de diffuser un dépliant publicitaire, puis de permettre à tous les intéressés de sinscrire à ce programme à leurs risques, sur la base du principe "premier arrivé, premier servi"? Cette approche, qui peut paraître audacieuse, a des précédents dans le monde de la douance, notamment à lécole dété quorganise chaque année le professeur B. M. Shore de lUniversité McGill, en collaboration avec la Commission des écoles protestantes du grand Montréal (Shore et Tsiamis, 1985). Une telle politique de "porte ouverte" mériterait dêtre explorée plus en profondeur par les cadres scolaires, surtout au secondaire, dans la mesure où elle remet entre les mains des élèves la responsabilité de la planification de leur éducation. Cette politique nempêcherait pas par ailleurs les éducateurs de prévenir les candidats quils considèrent plus "aventureux " des risques inhérents à leur décision. Toutefois, il faut tenir compte des hésitations de la majorité des éducateurs à laisser autant de place à lautonomie, ainsi que des lourdeurs de notre système scolaire, notamment de la gestion complexe des horaires, de la répartition des tâches denseignement et des contraintes quimposent les contrats de travail (par exemple, en ce qui concerne le ratio enseignant/élèves). Nous allons donc mettre provisoirement de côté cette approche plus idéaliste et nous pencher plutôt sur les critères qui devraient guider la sélection des candidats à un programme accélérateur dont laccès est contrôlé; nous complèterons cette description par un bref inventaire des sources dinformations auxquelles peuvent puiser les responsables de cette sélection. Nous proposons donc ici trois critères principaux, dans lordre décroissant dimportance, auxquels nous ajouterons quelques autres concernant des situations particulières.
Désir manifeste Non seulement laccélération scolaire nest-elle pas appropriée pour nimporte quel élève, ce que dicte le simple bon sens &endash; mais elle ne constitue pas par ailleurs une solution adéquate pour nimporte quel élève doué ou talentueux. Ainsi, certains dentre eux, tout en conservant une performance scolaire excellente, accordent plus dimportance à leurs amitiés et à leurs loisirs; sans doute trouvent-ils souvent pénible et ennuyeuse la lenteur du rythme de leurs apprentissages, mais cet ennui leur est plus supportable que ne le serait la tristesse de quitter leurs amis à loccasion dune accélération. Dautres, tout aussi talentueux que les premiers, ne ressentent pas comme un boulet le rythme du programme ordinaire; ils aiment lécole adorent leur enseignant, ne jugent pas indûment répétitifs les travaux et exercices, sentendent très bien avec leurs camarades de classe, bref, ne voient pas ce quun saut de classe, ou toute autre forme daccélération, ajouterait à leur bien-être actuel. Dautres encore, qui attachent une importance capitale à leur statut de premier de classe, ne voudraient pas perdre celui-ci pour tout lor du monde. Sans doute serait-il souhaitable quils prennent conscience du caractère provisoire de ce statut, ainsi que de la maturité que peut développer la relève de défis; par contre, des pressions trop insistantes risqueraient de leur causer plus de tort que de bien. Voilà donc trois situations, parmi dautres, pour lesquelles nous ne recommanderions pas dinciter lélève à accélérer, tout simplement parce quil ne le désire pas, ou même parce quil le craint. Nous en ferions tout autant vis-à-vis de ces sujets qui manifestent un désir superficiel, mais dont le manque de conviction laisse transparaître de fortes pressions parentales. Toutes ces situations daccélération non souhaitée risquent dentraîner une insatisfaction à plus ou moins long terme. Il existe trop de jeunes qui souhaiteraient progresser au rythme de leurs habiletés pour imposer, directement ou indirectement, ce rythme accéléré à ceux qui ne le demandent pas expressément, et ce dautant plus que la manifestation dun désir clair de la part de lélève personnalise sa décision; il prend ainsi conscience que ce choix est le sien et non celui dautrui. Si quelque difficulté dadaptation survenait, il aurait plus facilement tendance à y faire face et à la surmonter; par contre, sil avait limpression davoir succombé à des pressions extérieures, il serait plus aisément tenté de démissionner devant le moindre obstacle et den rejeter la responsabilité sur autrui, parent ou enseignant. Voilà pourquoi nous nhésitons pas à placer au premier rang ce critère de sélection.
Talent manifeste ou potentiel Ce critère ne suscitera probablement aucune objection. Toutefois, sil ne figure quau second rang, cest tout simplement parce que nous voulons attirer lattention du lecteur sur le critère du "désir manifeste ", trop souvent oublié par ces parents ou ces éducateurs qui sarrogent le droit dimposer à autrui leur propre vision du bien-être, au lieu de la suggérer avec délicatesse et ouverture desprit. Ce second critère nous dicte cependant trois mises en garde.
Maturité adéquate Le troisième critère de sélection est une maturité socio-affective "adéquate " du candidat à laccélération scolaire. En recourant à ce qualificatif nuancé, nous voulons préciser le fait que laccélérant doit, certes, faire preuve de maturité suffisante pour faire face aux nouvelles exigences intellectuelles et sociales qui accompagnent laccélération, mais également que, de leur côté, les éducateurs ne doivent pas avoir dattentes irréalistes. Ce que nous voulons dire par là cest que lenseignant doit faire preuve, à lendroit de ces jeunes, de la même tolérance que celle dont il fait montre à légard de lélève type de sa classe. Il lui faut en fait réaliser que "maturité" nest pas synonyme de "conformisme "; certains de ces jeunes peuvent en effet manifester leur maturité par des comportements qui inquiètent lenseignant peu sûr de lui-même, par exemple en critiquant la pertinence de certains travaux ou exercices, en relevant une erreur dans ses explications ou en mettant en doute léquité dune mesure disciplinaire! Cette tolérance est particulièrement importante en cas daccélération radicale, car il est évident quil y a alors un plus grand écart de maturité entre lélève et les membres de son groupe dappartenance, de trois ou quatre ans ses aînés. Dans ces cas, même si la maturité nest pas "comparable", elle peut toutefois être "suffisante" pour que lélève fasse preuve dune excellente adaptation à son nouvel environnement social. Rappelons également la situation décrite un peu plus avant, soit celle de ces jeunes dont les comportements immatures ont pour origine un environnement pédagogique peu stimulant. Les enseignants doivent avoir constamment à lesprit cette cause possible, sous peine de refuser à lenfant une solution qui sattaquerait justement à la racine même du mal. Il y a enfin ces parents, dont parlent surtout les responsables de projets daccélération radicale, qui refusent de reconnaître que leurs "enfants " font preuve dune maturité plus voisine de leur âge mental que de leur âge chronologique et qui conservent à leur égard une attitude surprotectrice en ce qui concerne leur cheminement scolaire et leurs activités sociales. Les éducateurs doivent faire preuve de beaucoup de vigilance pour identifier cette attitude déplorable et tenter de la corriger.
Autres critères Tous les autres critères quon pourrait invoquer, dans une prise de décision, nous semblent beaucoup moins prioritaires que ceux que nous venons de présenter. On pourrait à la rigueur les utiliser pour départager des candidats "équivalents " lorsque les places sont limitées. Prenons, à titre dexemple, le soutien des parents. Il nest pas question ici dacceptation ou de refus de leur part, puisquun refus catégorique entraîne automatiquement le retrait de la candidature. Nous voulons plutôt parler de leurs hésitations, réserves et doutes, ou, pis encore, de leur manque total dintérêt vis-à-vis du cheminement scolaire de leur enfant. Comme le signalent quelques auteurs, ces réactions semblent nuire à la bonne adaptation des sujets accélérants, mais dune façon difficile à évaluer, et ce dautant plus quune forte motivation de lenfant peut contrebalancer en bonne partie ce soutien déficient des parents. Il en va de même de lattitude de lenseignant qui accueille un accélérant dans sa classe; en effet, plusieurs spécialistes rappellent que lappui de lenseignant, surtout du primaire, peut contribuer de façon significative à faciliter ladaptation postaccélératrice de lécolier; toutefois, si cet enseignant adopte une attitude négative vis-à-vis de ce type denrichissement, il peut exprimer ses résistances par le biais de gestes ou de remarques que lenfant ne manquera pas dinterpréter comme un rejet. Un directeur décole compétent peut cependant atténuer la manifestation de ces réactions de lenseignant et lamener progressivement à prendre conscience des effets bénéfiques de cette démarche pour lenfant. Quoi quil en soit, le fait dutiliser lattitude négative de lenseignant comme un critère décisionnel constituerait une grave injustice vis-à-vis de lenfant qui désire accélérer. Dans le cas de lentrée précoce, diverses études indiquent que lâge de lenfant fait souvent partie des critères de sélection: dans les faits, on donne la priorité aux candidats dont la date de naissance est la plus voisine de la date limite dadmission. Si ce critère est accompagné de la formule "toutes choses égales par ailleurs", il devient tout à fait adéquat pour départager des candidatures comparables. Noublions pas toutefois lexistence des différences individuelles: ainsi, un enfant plus jeune peut faire preuve dune plus grande précocité, et ce à tous points de vue, quun autre un peu plus âgé. Toujours en ce qui concerne lentrée précoce, on pourrait utiliser la maturité psychomotrice comme critère additionnel de sélection; toutefois, rares sont les cas dimmaturité psychomotrice qui contrecarrent sérieusement lapprentissage de lécriture. On nous a cependant rapporté le cas dune fillette très talentueuse qui simpatientait de ne pouvoir écrire lisiblement, mais avait appris la dactylographie (avec deux doigts!) à la maison; au lieu de la réprimander, son institutrice lui suggéra dutiliser sa machine à écrire pour rédiger ses devoirs et travaux. Quel magnifique exemple de souplesse et de maturité de la part de cette enseignante!
Sources dinformations Une fois les critères de sélection arrêtés, la tâche est encore loin dêtre achevée; il faut en effet déterminer quelles sont les sources dinformations appropriées, puis procéder à leur mesure à laide dinstruments adéquats. Les informations ainsi obtenues permettront de classer les candidats et deffectuer la sélection finale. Lexamen détaillé de ces problèmes techniques de sélection exigerait à lui seul un chapitre entier; toutefois, en guise de complément dinformation, nous avons regroupé quelques réflexions sur les sources dinformations. Les personnes responsables de la sélection des candidats peuvent puiser leurs informations à cinq sources différentes: lenfant lui-même, son dossier scolaire, le personnel de lécole, les parents et les pairs. Cet ordre de présentation correspond à limportance relative de ces sources. Lenfant. Son rôle primordial dans un processus de sélection se manifeste de deux façons. En premier lieu, cest à lui, en tant que principal intéressé, quil faut demander sil désire accélérer; ses réactions permettent dévaluer lintensité de ce désir et de vérifier la nature des inquiétudes quil peut avoir vis-à-vis de cette démarche. En second lieu, cest à lui quon fait passer des tests ou examens spéciaux de sélection, destinés à vérifier le niveau de son talent scolaire général ou de certains de ses talents particuliers. Le dossier scolaire. Selon la maxime connue, le passé est garant de lavenir. Dans le domaine de la prédiction du succès à lécole ou à luniversité, on reconnaît universellement que le rendement scolaire antérieur est le meilleur prédicteur du succès; bref, la valeur du dossier scolaire, tout comme sa construction aisée, expliquent quon lutilise de façon prépondérante. De plus, le dossier scolaire constitue un indice précieux de la stabilité longitudinale des performances, en même temps quil permet de vérifier la présence de zones plus faibles. Toutefois, comme pour toute les autres sources, il faut toujours garder à lesprit sa faillibilité; dune part, certaines performances médiocres peuvent avoir pour cause le rythme inadéquat du programme ordinaire; dautre part des résultats très élevés, mais obtenus à des examens faciles, peuvent sous-estimer un talent exceptionnel. Le personnel scolaire. Tous les membres du personnel de lécole peuvent contribuer activement au processus de sélection, surtout lors de la première étape du dépistage. Dans le cas des enseignants, leur information risque souvent de faire double emploi avec celle du dossier scolaire; une sensibilisation adéquate devrait cependant permettre dattirer leur attention sur les situations moins évidentes, comme celle du sous-performant qui a "décroché " ou du premier de classe qui compense un talent moindre par des efforts soutenus. Il est particulièrement important de familiariser les psychologues et les orthopédagogues avec le dépistage dun talent qui camoufle des problèmes dapprentissage localisés ou des comportements dissipés. Les parents. Cette source dinformations se révèle particulièrement précieuse dans le cas de jeunes enfants susceptibles de bénéficier dune entrée précoce. En effet, seuls les parents peuvent fournir des informations de première main sur le développement précoce de leur enfant. Par ailleurs, contrairement aux enseignants, les parents ont rarement loccasion de comparer leur enfant à des dizaines dautres; leur jugement peut par conséquent surestimer ou sous-estimer létendue de son talent. Notons que leur apport demeure toujours précieux, même dans le cas de candidats plus âgés. Les pairs. Cette dernière source dinformations nous semble moins importante dans le cas spécifique du dépistage de sujets accélérables. Il existe dailleurs fort peu de recherches sur la validité de cette source dinformations. Nous soupçonnons que limage fort positive dont elle bénéficie auprès des professionnels de la douance tient, du moins en partie, à la grande simplicité des techniques de collecte dinformations auprès des pairs. Les responsables de projets accélérateurs doivent donc se poser la question suivante: "Quelle peut être la contribution spécifique des pairs au dépistage des sujets accélérables?" La réponse à cette question devrait orienter la rédaction des questions à adresser aux pairs.
COMBIEN? "Quel est le taux des élèves "accélérables ", cest-à-dire susceptibles de bénéficier dun cheminement accélérateur?" La réponse à cette question fort simple suscite entre les spécialistes le même type de désaccord que la question analogue relative à lincidence des élèves doués ou talentueux. On constate en effet limportance des différences de pourcentage qui existent dun programme à lautre. Rappelons brièvement quelques exemples: Hobson (1963) cite un taux annuel de plus de 30% décoliers admis précocement dans les écoles de Brookline, tandis que Hiskey (1962) mentionne des pourcentages beaucoup plus faibles au Nebraska: au Québec, durant les années cinquante, un peu plus de 5% des nouveaux admis étaient nés après le 31 décembre; par ailleurs, les pourcentages délèves accélérés dépassaient 15% dans les collèges classiques; quant à eux, les responsables du projet SMPY noffrent leurs activités dapprentissage accéléré quà environ 0,25% des jeunes les plus talentueux en mathématiques. Ces quelques chiffres illustrent la complexité de la situation et la multiplicité des facteurs quil faut considérer pour rendre compte de la variabilité de ces taux. Notons dailleurs que la plupart de ces indices statistiques concernent des élèves effectivement accélérés; à cause de la faible popularité des mesures accélératrices, on peut supposer que ces nombres sont sûrement inférieurs à ceux des "accélérables". Quatre facteurs principaux expliquent cette fluctuation des taux.
Le niveau de performance du bassin de population Personne nignore que le niveau des performances scolaires fluctue dune commission scolaire à lautre, et même dune école à lautre, selon le type de population que celles-ci desservent. Nous ne débattrons pas ici des origines, familiales, scolaires, héréditaires, sociales ou économiques &endash; de ces écarts de performances scolaires; contentons-nous de reconnaître leur existence et leur impact sur le taux délèves accélérables. Donc, lorsquune école ou une commission scolaire adopte un taux quelconque daccès à un programme accélérateur, on ne peut pas transposer automatiquement ce taux ailleurs; toute école qui décide dimplanter un projet similaire doit donc réviser ce taux daccès, à la hausse ou à la baisse, en fonction du niveau de performance de sa population délèves.
Lintensité accélératrice Il va sans dire que lintensité accélératrice des mesures proposées affecte fortement le taux de sujets accélérables; ainsi, un nombre beaucoup moins important délèves peuvent bénéficier dune accélération de deux ans par rapport à ceux qui recourent au simple saut de classe; de plus, pour chaque année additionnelle dintensité administrative, le pourcentage délèves susceptibles dy avoir accès diminue progressivement, comme nous lavons souligné plus haut. Ce principe sapplique également aux indices dintensité personnelle, dans le groupe dont lintensité administrative nexcède pas un an; on retrouve ainsi davantage denfants dont la maturité intellectuelle et socio-affective permet lentrée précoce parmi les jeunes nés en octobre que parmi ceux dont la date de naissance se situe en décembre ou en janvier suivants.
La modalité accélératrice Toutes choses égales par ailleurs, certaines modalités accélératrices exigent davantage defforts que dautres. Ainsi, le saut de classe, même lorsquil est accompagné dun coussin amortisseur, exige un peu plus defforts dadaptation que les classes fusionnées, cette dernière modalité introduisant elle-même un degré de compression plus intense que ne le fait laccélération systémique. En dautres termes, certains élèves pourraient assez facilement terminer en trois ans le programme de quatre années, cependant quils auraient de nettes difficultés à comprimer en une seule année le programme de deux ans. Si, à la polyvalente de Beloeil, on a pu inscrire 10 % de la population de 1re secondaire à un "2 dans 1", il ne fait aucun doute quun pourcentage plus élevé délèves auraient pu suivre avec succès un programme "4 dans 3". En nous rappelant cet article du Régime pédagogique qui permet de terminer les études primaires en cinq ans, imaginons que le ministère de lÉducation du Québec décide de promouvoir activement lapplication de cette mesure accélératrice, en prônant, par exemple, à léchelle de la province, un cheminement accélérateur similaire à celui utilisé dans les jardins denfance de la période ante M.É.Q., cest-à-dire un programme denseignement primaire réparti sur cinq ans au lieu de six. Nous affirmons sans hésitation quau moins 15 % de la population scolaire québécoise pourrait suivre sans difficulté un tel programme accéléré, ce taux pouvant fluctuer entre 5 % et 30 %, selon les écoles ou les commissions scolaires.
Le coefficient de risque Personne na encore réussi à mettre au point une procédure infaillible de prédiction du succès scolaire; il existe toutefois des moyens suffisamment précis, notamment le dossier scolaire antérieur, qui permettent aux éducateurs de prédire que les meilleurs candidats ont plus de chances de réussir que les candidats présentant un dossier plus faible. Cest pourquoi, lorsque les autorités scolaires désirent maximiser le taux de succès dune quelconque intervention, elles ont tendance à fixer à un niveau très élevé le seuil daccès minimal; cette pratique, qui a certes pour effet dassurer un taux de succès voisin de 100 %, pose parallèlement un problème déthique, qui préoccupe notamment les spécialistes de la mesure et de lévaluation (Anastasi, 1982). En effet, si, à cause de cette plus grande sévérité des critères daccès, on réduit le pourcentage de sujets acceptés qui auraient éventuellement échoué (sujets AE), on accroît parallèlement le taux de sujets refusés qui auraient éventuellement réussi (sujets RR). Cest cette augmentation du nombre des sujets RR en fonction de la sévérité des critères dadmission qui pose un problème déthique, surtout lorsque lintervention est jugée éminemment désirable. Replaçons ce problème dans le contexte de laccélération scolaire. Certains responsables de projets accélérateurs préconisent une politique daccès très limité (politique qui entraîne donc un succès à 100% ou presque); ils soutiennent quun tel choix leur est imposé par le manque de popularité des mesures accélératrices et par le risque que le moindre cas déchec soit monté en épingle comme une "preuve" des dangers que présentent ces mesures. Dautres optent à linverse pour un coefficient de risque plus élevé, affirmant que, si échec il y a, la pénalité nest guère importante, puisque lélève qui "décélère" revient tout simplement au cheminement ordinaire. Le coefficient de risque quadoptent, explicitement ou implicitement, les responsables dun projet accélérateur, influence donc fortement le taux de jeunes quon juge localement "accélérables". En ce qui nous concerne, nous appuyons la seconde position, sous réserve toutefois que les candidats soient clairement informés des exigences du programme auquel ils décident (ou non) de sinscrire et quils puissent se prévaloir, sur demande, dun mécanisme de retrait. On le voit, divers facteurs compliquent le processus dévaluation du taux délèves "accélérables". Une chose est certaine cependant: ce taux dépasse, et de beaucoup, les 2 % de sujets accélérés recensés en 5e secondaire. Lorsque nous avancions plus haut le chiffre de 15 %, nous tenions compte que du pourcentage délèves capables de terminer leurs études primaires en cinq ans au lieu de six; ce pourcentage pourrait même être plus élevé grâce à limplantation du programme dentrée précoce proposé par Douance Québec, grâce également à des projets accélérateurs similaires à celui de Polybel, à la mise sur pied dun système équivalent au programme Advanced Placement américain, à une politique éclairée daccélération radicale ou à toute autre modalité accélératrice. Cette variété de mesures aurait surtout lavantage de combler une lacune particulièrement navrante, soit labsence quasi totale daccélérations de plus dun an. Ainsi, pour plusieurs enfants très doués, dont la date de naissance se situe entre octobre et décembre, lentrée précoce permettrait un gain facile dune année, auquel sajouterait tôt ou tard une seconde mesure accélératrice. Nous estimons entre 3 % et 5 % de la population scolaire le taux de ces sujets capables de mener à terme une double accélération.
QUOI? Parmi toutes les modalités accélératrices décrites dans ce volume, on peut se demander lesquelles privilégier. Selon les multiples études que nous avons citées, dans lesquelles les chercheurs ont mis à lessai la quasi totalité des formes daccélération possibles, et dont les résultats ont tous été positifs, on peut tirer la conclusion simple suivante: aucune de ces mesures nest manifestement indésirable. En effet, lorsquon effectue la sélection avec soin et que les élèves bénéficient dun soutien minimal, on peut être quasiment assuré du succès de lopération et de la satisfaction des sujets qui en bénéficient. Ce nest donc pas tant dans le choix dune formule particulière que les responsables doivent investir leurs énergies que dans la mise en place de conditions facilitatrices (voir la section "Comment? "). Cela étant dit, on peut néanmoins identifier des niveaux de "désirabilité relative" parmi les diverses composantes de cette batterie de mesures accélératrices. Sil nous fallait décerner un "prix de consolation" à la formule accélératrice la moins désirable, nous lattribuerions conjointement à lUniversité détat de lOhio et à la commission scolaire de létat de New York dont Rush et Clark (1963) ont évalué le projet accélérateur. Dans le premier cas en effet, létudiant qui désirait accélérer son cheminement universitaire devait principalement sinscrire à des sessions détudes additionnelles, au cours de lété, ou ajouter des cours à son programme normal dune session: Pressey (1944) qualifia dailleurs à juste titre ce cheminement de "voie difficile". Dans le second cas, des écoliers du primaire réussissent à couvrir en quatre années le programme de trois ans, mais en sinscrivant à quatre sessions dété dun mois chacune. On le constate aisément, lenrichissement en densité est ici minimal; en fait, on substitue à un rythme de progression plus rapide une charge de travail plus lourde, ce qui ne révèle pas, de la part des concepteurs de ces projets, une bien grande confiance dans les habiletés supérieures de ces jeunes; on court même le risque de voir naître de forts sentiments de frustration chez ces sujets, à cause de cette adaptation minimale du rythme à leurs habiletés supérieures. Le télé-enseignement ou les cours par correspondance pourraient faire partie également, mais pour des motifs différents, de ce groupe de formules moins désirables. Certes, ces procédures permettent à létudiant de progresser à son propre rythme; toutefois, comme le signale fort à propos le professeur Stanley (1977), elles exigent de sa part un niveau élevé de motivation et dautonomie et entraînent, de ce fait, un plus fort pourcentage dabandons. Par contre, lorsquon joint à de tels cours de la conseillance ou du travail en petits groupes, on a de meilleures chances de soutenir la motivation et lintérêt. De plus, les personnes qui vivent éloignées des grands centres trouvent sans doute cette solution préférable à labsence de tout programme. Mentionnons enfin, dans ce groupe de modalités moins désirables, le saut de classe brusque, cest-à-dire non accompagné dun coussin amortisseur. À lautre extrémité de léchelle de désirabilité relative, nous plaçons lentrée précoce et laccélération systémique. Comme nous lavons expliqué au chapitre 5, lentrée précoce présente trois avantages spécifiques: elle nexige aucun rattrapage; elle ne force pas lécolier à quitter son groupe damis pour sintégrer à un nouveau groupe de pairs; enfin, elle nexige aucun regroupement dans une classe spéciale. Même si les inconvénients que lentrée précoce permet ainsi déviter sont somme toute mineurs, ny a-t-il pas intérêt à les prévenir lorsque cela est possible? Laccélération systémique, quant à elle, réduit au minimum la compression du programme, en la répartissant à petites doses sur plusieurs classes; elle permet ainsi daccroître le taux de sujets "accélérables", ce qui constitue, selon nous, un atout appréciable, puisquun plus grand nombre de jeunes peuvent bénéficier de cette modalité denrichissement. Au-delà de ces quelques modalités plus clairement désirables, il nous semble difficile de départager entre elles les autres formules accélératrices; leur choix dépend tout autant de lâge de la personne que des disponibilités, des priorités ou des contraintes du milieu scolaire. Par exemple, dans les programmes Advanced Placement et PEAC, on résout par des moyens différents, mais tout aussi efficaces, le problème posé par le cheminement accéléré au moment de la transition entre le secondaire et le collège universitaire. Certains jugeront le PEAC plus désirable en raison de sa simplicité administrative et du gain immédiat dune année scolaire quil permet dobtenir; dautres préféreront mettre sur pied une version québécoise du programme AP, parce quil permet à lélève de demeurer plus longtemps avec ses pairs en âge, en même temps quil offre à des élèves un peu moins talentueux loccasion daccumuler quelques unités du programme collégial sans quils soient pour autant obligés de rattraper dun seul coup le programme dune année entière. Idéalement, on devrait pouvoir recourir à ces deux modalités. Somme toute, léventail des mesures accélératrices désirables demeure imposant. Dès le début en effet, on peut bénéficier de lentrée précoce, qui peut même être accompagnée dun saut de classe quasi immédiat, dans les cas de précocité exceptionnelle, ce qui permet damorcer un cheminement accélérateur plus radical. Au primaire, les éducateurs peuvent choisir entre laccélération radicale, le saut de classe, les classes fusionnées, laccélération systémique ou le progrès continu dans une ou plusieurs matières, en groupes ou sous la supervision dun conseiller délèves, enseignant ou pair plus avancé. On peut retrouver ces mêmes formules aux ordres denseignement ultérieurs, avec en plus laccélération anticipatoire (programme AP), les cours par correspondance ou les unités acquises après examen. Voilà pourquoi le professeur Stanley (1979) nhésite pas à parler dun véritable smØrgasbord (ce buffet scandinave aux multiples plats!) de mesures accélératrices!
QUAND? Une pratique regrettable, partiellement empruntée aux Américains, semble se répandre en milieu québécois; selon celle-ci, on reporte le dépistage de la douance et du talent à la fin du premier cycle du primaire, et on ne débute lintervention quen début de second cycle, cest-à-dire en 4e année. Les défenseurs de cette pratique invoquent comme principaux arguments que les habiletés et les talents ne se manifestent guère avant cet âge, ou bien que les enfants sont encore trop jeunes pour quon les surcharge avec des activités additionnelles denrichissement. "Laissons-les vivre pleinement leur enfance", affirment-ils. Cette attitude de plusieurs éducateurs soppose aux avis de tous les spécialistes de la douance, ainsi quaux témoignages de bon nombre de parents et déducatrices de lenseignement préscolaire, en ce qui concerne à la fois les possibilités de dépistage précoce et la présence hâtive de besoins éducatifs différenciés. Par conséquent, lorsquon nous demande quel est le moment préférable pour amorcer un cheminement accélérateur, nous répondons tout simplement "le plus tôt possible", cest-à-dire dès que lenfant présente des indices clairs de précocité cognitive et socio-affective, joints à un désir de progression plus rapide. Au-delà de cette première démarche, ce sont les besoins de lenfant qui doivent guider toute décision accélératrice ultérieure. Par ailleurs, dans la mesure où on prend rarement ce type de décision dans un contexte durgence, les responsables de programmes accélérateurs pourraient faire appel à deux critères pour déterminer le moment approprié. Premièrement, il peut être avantageux de profiter du passage du sujet à lordre denseignement suivant, surtout lorsque celui-ci implique un changement décole et la constitution dun nouveau groupe damis, car limpact socio-affectif de laccélération sen trouve atténué. Deuxièmement, comme lont signalé quelques auteurs, le programme de certaines classes comporte une bonne dose de récapitulation, type dactivité dont les élèves les plus talentueux ont justement le moins besoin; ces classes au programme "allégé" offrent par conséquent dexcellentes occasions daccélération. Toutefois, si lenfant manifeste clairement des signes dennui et de désintérêt, tout en faisant preuve dune nette avance scolaire et dune maturité adéquate, sans doute vaut-il mieux ne pas attendre une année moins chargée pour enclencher le processus accélérateur.
COMMENT? Labsence de mesures accélératrices manifestement indésirables ne signifie pas pour autant quon puisse appliquer celles-ci "à la va-comme-je-te-pousse". Comme pour la plupart des innovations pédagogiques, la présence de diverses conditions facilitatrices maximise les chances de succès; en ce qui concerne laccélération scolaire, il ne sagit pas tant de se prémunir contre des échecs possibles, habituellement peu nombreux, que de transformer des succès relatifs en succès éclatants. Nous nous abstiendrons de rappeler ici divers conseils dusage qui viennent spontanément à lesprit de tout éducateur chevronné; nous nous contenterons de retenir dans cette section quatre suggestions, mais dont limportance justifie à nos yeux une analyse plus systématique.
Sensibilisation Tout éducateur qui désire implanter une quelconque mesure accélératrice dans les écoles de son milieu doit prendre pour acquis, jusquà preuve du contraire, quune majorité du personnel se montrera réfractaire, ou à tout le moins sceptique (le terme "personnel" est ici pris dans son acception la plus générale: enseignants, cadres, professionnels, etc.). Il ne faut pas oublier en effet quaucun programme de formation universitaire dans ces spécialités ne comporte dinitiation aux caractéristiques et aux besoins éducatifs de cette population spéciale. Les responsables de cette opération de sensibilisation doivent viser deux objectifs. Premièrement, il leur faut tenter dimpliquer progressivement tous les membres du personnel dans le dépistage des candidats éventuels à un cheminement accélérateur. Cette collaboration est essentielle; chaque personne na en effet accès que des informations fragmentaires, sans compter que les plus réfractaires sont moins sensibles à des indices que dautres jugeraient évidents. Bref, seule une collaboration constante de tous les membres du personnel de lécole peut garantir un dépistage efficace. Pour illustrer ce qui précède, citons un exemple caractéristique. Nous recevions récemment un appel téléphonique dune psychologue scolaire qui nous rapportait avoir examiné un jeune de 2e année que linstitutrice lui avait envoyé en consultation pour des "problèmes dadaptation en classe". Les résultats de cet écolier à un test dhabiletés intellectuelles révélèrent un Q.I. supérieur à 140, tandis que lorthopédagogue de lécole constata que les habiletés de lecture de ce jeune étaient équivalentes à celles dun élève moyen de 6e année. Cette psychologue nous avoua navoir jamais rencontré denfant aussi mature pour son âge. Après discussion avec les parents et lenfant, on décida de le faire bénéficier dun saut de classe en 4e année. Pourtant, linstitutrice navait aucunement signalé, au moment de sa demande de consultation, le talent exceptionnel de cet enfant. Deuxièmement, les responsables de cette opération de sensibilisation doivent sefforcer de créer un climat propice à ladaptation postaccélératrice de ces jeunes dans des classes ordinaires de pairs plus âgés. Les enseignants doivent parvenir à être plus sensibles à leurs propres réactions négatives plus ou moins conscientes, à percevoir plus aisément ces mêmes réactions chez les pairs et à savoir comment intervenir avec tact et délicatesse. Parallèlement, le personnel de lécole doit apprendre à mieux répondre aux questions occasionnelles de lenfant et de ses parents, tout en se montrant attentif aux éventuelles lacunes pédagogiques pouvant découler de certaines mesures accélératrices plus brusques. Plutôt que de faire face au rejet et au dénigrement, lenfant sentira ainsi que le milieu scolaire encourage et soutient sa curiosité intellectuelle et sa soif de connaissances.
Soutien du groupe Lorsque laccélération a lieu sur une base individuelle, lenfant ou ladolescent se retrouve seul dans une classe délèves plus âgés; si lécart dâge est minime, il ny paraît guère; cependant lorsque lécart est plus grand notamment lorsquil y a double accélération ou que lenfant paraît de surcroît plus jeune que son âge réel, une certaine distance risque de se creuser entre le jeune accélérant et ses pairs plus âgés. Par ailleurs, les intérêts de ces jeunes accélérants très talentueux diffèrent souvent de ceux de la majorité; ils aiment ainsi la lecture, les sciences, lhistoire ou lactualité, bref tout ce qui est relié à la quête des connaissances. Ces intérêts divergents accroissent dautant le fossé qui les sépare des autres élèves. Imaginons toutefois que plusieurs de ces jeunes effectuent ensemble leur démarche accélératrice et se retrouvent, toujours ensemble, dans une classe décoliers ou délèves plus âgés. Ce soutien dun groupe de pairs en âge, qui partagent non seulement une même expérience enrichissante, mais également certains intérêts plus apparentés, nous semble constituer une condition facilitatrice particulièrement intéressante. Il ne faut donc guère sétonner du fait que la plupart des projets accélérateurs que nous avons cités, y compris le programme daccélération radicale de lUniversité de Washington, fassent justement appel au regroupement.
Encadrement Le terme "encadrement" recouvre cet ensemble dactivités de soutien qui ont pour but de faciliter ladaptation scolaire et socio-affective des accélérants. Ces activités peuvent prendre diverses formes: exercices de rattrapage, à lécole ou à la maison; vérification régulière (par les parents, un enseignant ou un professionnel) de lexistence de difficultés dadaptation postaccélératrices; réunions avec les candidats, destinées à décrire dans le détail les modalités du projet et à répondre aux questions ou aux inquiétudes des jeunes; affectation dun cadre ou dun professionnel bien sensibilisé à la supervision du déroulement quotidien du projet et à la détection de tout problème dès ses premières manifestations; etc. Mais attention! Il faut bien se garder de transformer lencadrement en surprotection, laquelle serait rapidement perçue par les accélérants comme un manque de confiance à leur endroit. Rappelons-nous, à ce propos, lerreur tactique de quelques collèges universitaires du PEAC.
Possibilité de retrait Les contraintes administratives prennent parfois le pas sur les préoccupations pédagogiques. Ainsi, dans les écoles secondaires polyvalentes, la généralisation de linformatisation des horaires et la complexité des contrats de travail, dans lesquels on comptabilise les moindres actions, rendent difficile, au cours dun trimestre, la réaffectation dun élève, qui constate après quelques semaines ou quelques mois defforts que sa décision daccélérer était une erreur, et qui risque de vivre avec angoisse le déroulement quotidien de ce cheminement peu adapté à son cas. Sil sait quil peut, et ce en tout temps, reprendre un cheminement normal, peut-être éprouvera-t-il moins de tension et danxiété et tentera-t-il quelques efforts additionnels avant dabandonner. Dans la mesure où la décision daccélérer comporte une certaine part dimprévisibilité, les responsables dun projet accélérateur devraient toujours prévoir la possibilité dun retrait "honorable", cest-à-dire dépourvu de tout jugement négatif ou dépréciatif concernant cette décision dabandon. On devrait au contraire féliciter le sujet pour sa tentative et lencourager à réviser ultérieurement sa décision dabandonner. Notons que ce soutien est tout aussi essentiel vis-à-vis des parents, qui risquent de voir ainsi contrecarrées les aspirations quils entretenaient pour leur enfant.
CONCLUSION Plutôt que de résumer systématiquement les nombreux conseils et suggestions que nous avons présentés dans ce chapitre, nous avons laissé libre cours à notre fantaisie en rédigeant cette synthèse sous la forme dune douzaine de "commandements", semblables à ceux qui figuraient dans le petit catéchisme de notre jeune temps.
Laccélération scolaire tu envisageras Comme toute autre forme denrichissement. Aux objections tu répondras Calmement, sûrement et intelligemment. À tous les ordres denseignement tu y songeras Car elle y est possible indifféremment. Le désir de lenfant tu vérifieras Car cest le critère le plus important. Le talent tu rechercheras Mais pas dans les résultats scolaires exclusivement. Laccélération radicale tu exploreras Si le talent le justifie évidemment. À tout jeune tu ne la refuseras Qui aura accéléré précédemment. Le personnel tu sensibiliseras En acceptant leurs résistances patiemment. Laccélération en groupe tu favoriseras Pour faciliter lintégration socialement. Le saut brusque tu éviteras En assurant un "coussin"suffisant. Une porte ouverte tu laisseras À la rétrogradation en tout temps. Du support des parents tu tassureras En surveillant leurs pressions attentivement.
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Page retouchée le 13 janvier 2001