Thématique > Élèves à risque d’échec


Présentation


Par
Alain Cadieux, Ph.D.

 

La notion générale du terme "à risque" renvoie aux personnes qui ont des caractéristiques statistiquement "probables", qu’elles soient physiques, cognitives, sociales ou comportementales, susceptibles d’entraver une adaptation ou un développement normal.

Tjossem (1976) propose trois catégories générales de risques, à savoir : les risques établis, les risques biologiques et les risques liés à des facteurs environnementaux. Les risques établis et biologiques concernent les enfants qui présentent des anomalies chromosomiques ou héréditaires de même que les enfants ayant subi des dommages physiologiques avant, pendant et après leur naissance. Par exemple, il peut s’agir du syndrome de Down, la phénylcétonurie, l’absorption de drogues, d’alcool ou de médicaments pendant la grossesse, une naissance prématurée, un petit poids à la naissance. Concernant les risques liés à des facteurs environnementaux, ces derniers comprennent les facteurs familiaux, sociaux et comportementaux qui entravent le développement de l’enfant et son adaptation.

En terme de proportion, les enfants à risques établis et biologiques sont moins nombreux que les enfants à risques environnementaux, et ce, principalement dans les classes sociales défavorisées et les milieux lacunaires en termes de stimulation sociale et linguistique (Sameroff, Seifer & Barocas, 1987; Pellicano, 1987; Gabriel & Anderson, 1987, Lennon, 1989).

Au Québec en milieu scolaire, St-Laurent, Dionne, Giasson, Royer et Simard (1995) reprennent le terme "à risque" pour désigner les élèves en difficulté d’adaptation scolaire ou plus faibles comparativement aux autres élèves en général. Ainsi selon St-Laurent et al. (1995), un élève est considéré "à risque d’échec" lorsqu’il présente une ou plusieurs de ces quatre caractéristiques :

    1. il est identifié comme étant en difficulté par sa commission scolaire;
    2. il est considéré comme faible ou en difficulté par son enseignant;
    3. il double son année;
    4. il présente un faible rendement scolaire dans une ou des matières de base, qu’il s’agisse de la lecture, de l’écriture ou des mathématiques.

Références

Cadieux, A., Leduc, A. (1992), Identification des enfants à risque de retards scolaires, Apprentissage et Socialisation, 15, 101-108.

Gabriel, R.M., Anderson, P.S. (1987). Identifying at risk youth in the Northwest states: a regional database. Portland Oregon: Northwest Regional Educational Laboratory Program Report.

Lennon, J. M. (1989). The at risk child : early identification, intervention, and evaluation of early childhood strategies. Exit project, Indiana University at South Bend.

Pellicano, R.R. (1987). A review of social advantage. Educational Leadership, 44, 47-49.

Piché, C.; Roy, B et Couture, G. (1992), Le projet Apprenti-Sage : une expérience précoce et à long terme auprès d’enfants à hauts risques psychosociaux. Apprentissage et Socialisation, 15, 145-158.

Sameroff, A. J., Seifer, R., Barocas, R. (1987). Intelligence quotient scores of 4 year old children : social-environmental risk factors. Pediatrics, 79, 343-350.

St-Laurent, L; Dionne, J.J.; Giasson, J.; Royer, É., Simard, C. (1995). Programme d’intervention auprès des élèves à risque. Montréal : Gaëtan Morin.

Tjossem, T. D. (1976). Interventions strategies for high risk children and young children. Baltimore : University Park Press.

 

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Page retouchée le 29 janvier 2001