Thématique > Adaptation scolaire


Sujets d'intérêt

Huit thèmes ont été explorés :

1. Intégration et inclusion (4 sujets)
2. Adaptation scolaire
3. Petite enfance et intervention précoce
4. Difficultés d'ordre comportemental
5. Autisme
6. Déficiences physiques
7. Difficultés d'apprentissage
8. Élèves à risque

 

1. Intégration et inclusion (sujet no 1)

Sujet d'intérêt
L'intégration des élèves à besoins particuliers dans le contexte du Nouveau-Brunswick

Information recueillie par Mylène Lavoie

Objet de la préoccupation
Depuis quelques années, le ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick déploie des efforts considérables afin de répondre aux besoins particuliers de tous les élèves. En effet, l'entrée en vigueur de la Charte canadienne des droits et libertés en 1985, l'abrogation de la Loi sur l'enseignement spécial et la révision de la Loi scolaire en 1986, redéfinissaient les contours de l'intégration scolaire au Nouveau-Brunswick. Le ministère de l'Éducation de la province s'engageait alors à fournir le financement, les services d'appoint et les ressources humaines et matérielles pour la réussite des élèves exceptionnels . Il en résulterait un taux élevé d'intégration scolaire en plus d'un des taux d'abandon scolaire les plus faibles au Canada. (AEFNB 2001)

Éléments d'analyse
L'intégration des élèves à besoins particuliers, c'est-à-dire les enfants ayant des handicaps physiques ou intellectuels, des troubles de comportement ou affectifs, est complexe sous différents aspects de la question. Premièrement, le concept d'« intégration » est ambigu. Pour certains pays (Italie, États-Unis), les choses sont claires : l'intégration d'un enfant, c'est son placement dans une classe ordinaire. Il va de soi que cette intégration physique, si elle est tenue pour nécessaire, n'est cependant pas suffisante. Dans d'autres pays, l'intégration est définie comme un « processus » (concept de Least Restrictive Environnement) : l'enfant est considéré comme intégré chaque fois qu'il bénéficie d'une éducation dans un cadre le plus proche de la normale, passant d'une structure ségrégative à une situation moins ségrégative le rapprochant de la normale. Cette définition de l'intégration retient toutes formes intermédiaires d'intégration, à temps partiel, par exemple. (Rapport Fardeau 2000)

Au Nouveau-Brunswick, conformément à la Loi sur l'éducation, les autorités scolaires doivent placer les élèves exceptionnels dans les salles de classe ordinaires, dans la mesure où l'on tient compte des besoins éducatifs de tous les élèves. De la maternelle à la 8e année, la presque totalité des élèves sont intégrés dans les classes ordinaires, alors qu'un pourcentage très élevé de ceux-ci le sont également dans les classes ordinaires du secondaire, ce qui, au Nouveau-Brunswick, correspond aux classes de la 9e à la 12e année. (Raymond Vienneau) Cependant, bien que largement répandue, l'intégration scolaire de tous les élèves à besoins particuliers ne se révèle pas toujours chose facile. (AEFNB 2001)

Cependant, l'intégration de l'ensemble des élèves à besoins particuliers ne serait pas si simple. En effet, l'intégration de certains élèves en classe ordinaire affectent parfois l'apprentissage des autres élèves. Dans certains cas, on choisira de retirer momentanément l'enfant de la classe pour qu'il poursuive ses apprentissages dans un milieu davantage propice; dans d'autres cas, en particulier au secondaire, on pourra choisir de regrouper un certain nombre d'élèves pour faciliter l'enseignement-apprentissage de certains contenus inclus dans leur programme d'adaptation scolaire (ex. : accès à une classe ressource pour l'enseignement du français ou des mathématiques). Le principal facteur relié au problème des élèves perturbateurs en classe régulière ne serait pas lié tant aux " élèves exceptionnels "1 mais davantage aux " élèves en difficultés de comportement " , plus nombreux. En effet, M. Raymond Vienneau, professeur agrégé de l'Université de Moncton, situe, à partir des données pour 1999-2000, à environ 80% le nombre d'élèves ne présentant pas de difficultés particulières, entre 15% et 20% ceux qui ont des difficultés de comportement et d'apprentissage et à environ 3% ceux qui sont identifiés comme étant des élèves exceptionnels. (AEFNB 2001)

Un sondage de l'Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) effectué au cours de la dernière année scolaire a révélé que de nombreux enseignants et enseignantes vivent des situations relativement stressantes en relation avec l'intégration d'élèves à besoins particuliers dans leur salle de classe. Des démarches ont été entreprises avec le ministère de l'Éducation de la province, il y a quelques temps déjà, pour la mise sur pied d'un comité qui se pencherait cette année sur la question de l'intégration de ces élèves en salle de classe. À ce sujet, le président de l'AEFNB, M. Richard Caissie, a déclaré : « Nous cherchons, par toutes les avenues possibles, à trouver le moyen d'alléger le fardeau des enseignantes et des enseignants qui vivent des situations difficiles avec l'intégration. Même si le placement dans une classe ordinaire peut le mieux répondre à un grand nombre de besoins des élèves exceptionnels, il arrive que des classes homogènes ou d'autres milieux peuvent constituer le placement le plus approprié à court et à long terme pour certains de ces enfants. Il faut en arriver à faire la part des choses de façon juste et équitable et ce, dans le meilleur intérêt de tous les élèves, exceptionnels ou non. » (Les communiqués de l'AEFNB août 2000)

Les enseignantes et enseignants du Nouveau-Brunswick ont accès aux services d'aides-enseignants et d'enseignants-ressources, services tous deux généralement considérés être en nombre insuffisant. De plus, la formation requise pour ces postes est facultative. En fait, la formation initiale en adaptation scolaire représente un défi particulier au Nouveau-Brunswick puisque l'essentiel de cette formation (9 crédits universitaires) est intégré aux programmes de formation initiale des enseignantes et des enseignants de classes ordinaires, alors qu'une formation spécialisée, mais actuellement non obligatoire, est disponible aux enseignantes et aux enseignants ressources sous la forme d'une mention « enseignement ressource » à l'intérieur du programme de maîtrise en éducation offert par l'Université de Moncton.

Questions
Le débat suscité autour de l'intégration des élèves à besoins particuliers, tout en permettant de se pencher sur le système d'éducation et sur sa capacité à « gérer la différence », soulève différentes préoccupations au Nouveau-Brunswick :
- La question de la formation en adaptation scolaire pour les enseignant-e-s régulier-e-s, les enseignant-e-s-resources et les aides-enseignant-e-s;
- Le problème de définition de population des élèves ayant des besoins particuliers selon les différents degrés de difficulté;
- La question des ressources spécialisées et du matériel pédagogique adapté mis à disposition;
- Le problème important que pose les élèves en difficulté de comportement;
- L'emphase mise sur les élèves à risque et la prévention en petite enfance.

Hyperliens
Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) 2001, L'École : au cœur de la réussite de tous les élèves, Mémoire sur l'inclusion scolaire soumis au ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, http://www.aefnb.nb.ca/inclusio.pdf
Conseil des ministres de l'Éducation du Canada, Évaluation en mathématiques de 1997, http://www.cmec.ca/saip/math97/Pages/NBF.html
Les communiqués de l'AEFNB : Une nouvelle année scolaire chargée pour l'AEFNB, août 2000, http://www.aefnb.nb.ca/com00-09.htm
Rapport Fardeau 2000, Personnes handicapées : Analyse comparative et prospective du système français de prise en charge, Rapport au Ministre de l'Emploi et de la Solidarité et au Secrétaire d'État à la Santé, l'Action sociale et aux handicaps, http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/handicapes/6_22.htm

 

1. Intégration et inclusion (sujet no 2)

Sujet d'intérêt
Stratégies d'inclusion

L'éducation de tous les élèves avec ou sans besoins spéciaux est la définition de l'inclusion partagée par la majorité des personnes intéressées en la matière. Aider son enfant à s'épanouir pleinement dans son milieu de vie que ce soit l'école, la garderie ou en famille est le souhait de tous les parents d'enfants ayant des besoins particuliers. Mais, quel est le sens réel de l'inclusion pour un enfant, pour les parents, pour les intervenants et les gestionnaires de services éducatifs? Que signifie l'inclusion éducative pour un service de garde, pour l'école? Quelles sont les stratégies éducatives qui favorisent la promotion de l'inclusion dans un service de garde, la classe, l'école ou la communauté? Questions que se sont posés André C. Moreau et Paul Boudreault du département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Hull.

Statégies d'inclusion, guide pour les parents et le personnel du préscolaire, vise à favoriser l'émergence d'une communauté inclusive. Ce document s'inspire d'informations recueillies dans le cadre du projet de recherche Vision-Inclusion à travers les questionnaires retournés par les parents, intervenants, enseignants, formateurs, gestionnaires, ou encore par les échanges entre les partenaires qui ont participé au forum sur l'inclusion en août 2000 à l'Université du Québec à Hull. (Boudreault, Moreau, 2002) Les auteurs se sont appuyés sur des principes découlant des théories humaniste, cognitive, systémique et écologique. Ainsi ils associent la réussite de l'inclusion par la participation de tous les acteurs concernés soit l'enfant différent, ses pairs, les membres de sa famille, les milieux éducatifs garderie et maternelle et le système éducatif. L'inclusion éducative est directement influencée par la présence de la coopération, la collaboration et le partenariat de tous ces acteurs.

Le guide décrit des stratégies d'intervention auprès des enfants ayant ou non des besoins spéciaux. On y retrouve entre autre des suggestions de mise en situation de jeux, spontanés ou structurés, qui permettent l'intégration des enfants différents ou encore qui sensibilisent à la différence. On y retrouve également une liste qui identifie les étapes principales à suivre dans la recherche d'un service éducatif ainsi que des moyens favorisant le développement d'un partenariat avec les acteurs concernés. Ces stratégies s'adressent autant aux parents qu'au personnel éducatif.

Projet subventionné par le ministère du Développement des ressources humaines du Canada. 2002, Groupe de recherche VISION-INCLUSION, Université du Québec à Hull, Québec.

Hyperlien
http://www.uqah.uquebec.ca/girafe/

 

1. Intégration et inclusion (sujet no 3)

Sujet d'intérêt
Le passage à l'école secondaire des élèves désignés comme étant en difficulté : ressources et services à l'école secondaire de langue française

L'école secondaire offre aux élèves ayant des besoins particuliers de nouveaux défis à relever. « Doré, Wagner et Brunet (1996) ont recensé les défis particuliers que pose l'école secondaire au regard de l'intégration où les classes sont généralement plus nombreuses, les répartitions des élèves dans l'espace et dans le temps plus fractionnées, les évaluations plus fréquentes et plus compliquées, l'acquisition de notions plus avancées et le nombre d'enseignant(e)s rencontrés plus important. La structuration de l'école secondaire par matière et la promotion des élèves pour chacune de ces matières ajouteraient des éléments de complexité qui méritent d'être documentés au regard de l'intégration et de l'inclusion des élèves éprouvant des difficultés. » (Bélanger, Wilson, 2000)

Dans le contexte d'une réforme éducative en Ontario, Nathalie Bélanger et Denise Wilson du centre de recherche en éducation franco-ontarienne, se sont interrogées sur la place que le personnel enseignant réserve aux élèves, handicapés et ayant des difficultés d'apprentissage, nouvellement arrivés à l'école secondaire. Également, les deux chercheures voulaient connaître les moyens mis à la disposition des enseignant(e)s qui poursuivent des objectifs d'intégration et de pédagogie de l'inclusion. Ainsi, Bélanger et Wilson ont mené un projet de recherche dans une école secondaire publique de langue française, située au cœur d'une grande métropole de l'Ontario, afin d'examiner les ressources et services disponibles aux élèves identifiés comme ayant des besoins éducatifs particuliers. Étant donnée la situation minoritaire du français en Ontario, on soupçonnait que ces ressources étaient probablement précaires. Bélanger et Wilson tenaient de plus à connaître le processus d'identification des élèves ayant des besoins particuliers nouvellement arrivés à l'école secondaire. Ainsi elles se sont posées les questions suivantes :

1) Selon quels critères les élèves nouvellement admis à l'école secondaire de langue française sont-ils/elles identifiés comme étant en difficulté ?
2) Comment le passage de l'école élémentaire à l'école secondaire s'effectue-t-il pour les élèves en difficulté ?
3) Considérant les sélections qu'effectuent les établissements secondaires, notamment lors de l'inscription en début d'année, quelle est la place des élèves éprouvant des difficultés à l'école ?
4) À la suite des règlements provinciaux de la réforme éducative, est-ce que les élèves sont regroupés, selon différents critères comme les compétences linguistiques, l'excellence ou autres, dans des établissements scolaires précis ?

La recherche a démontré que l'intégration des élèves ayant des besoins particuliers dans les écoles secondaires souffrait de lacunes sévères au niveau des ressources humaines et en ce qui a trait au délai requis pour la prestation des services. Le projet a également dévoilé qu'il existait une inquiétude chez les parents face à l'avenir de leurs enfants désignés comme ayant des difficultés d'apprentissage.

Hyperlien
Centre de recherche en éducation franco-ontarienne (CRÉFO) Bélanger, Nathalie et Wilson, Denise (2000). Le passage à l'école secondaire des élèves désignés comme étant en difficulté : ressources et services à l'école secondaire de langue française, ministère de l'Éducation: OISE/UT, 50 pages. http://www.oise.utoronto.ca/CREFO/

 

1. Intégration et inclusion (sujet no 4)

Sujet d'intérêt
Les élèves en difficulté à l'école élémentaire franco-ontarienne.

Dans le système scolaire de l'Ontario les « élèves signalés comme ayant des « besoins éducatifs particuliers » ... peuvent être désignés ainsi en raison par exemple, de difficultés d'apprentissage et de comportement, de pratiques linguistiques ou d'inégalités sociales… ». (Bélanger, 1999) L'intégration de ces élèves se pratique différemment selon les établissements d'enseignement. Une institution d'enseignement peut opter pour l'intégration complète tandis qu'une autre peut pratiquer l'intégration scolaire partielle où d'autres classes ou établissements accueillent les enfants ayant des « besoins particuliers d'apprentissage ». La majorité des élèves handicapés et ayant des problèmes d'apprentissage ne seraient pas intégrés dans des classes régulières.

À la lumière de cette information, la méthode utilisée pour l'identification des élèves en difficulté inquiète la communauté francophone, un groupe minoritaire en Ontario. Cette pratique soulève de nombreuses questions. Par exemple :
1) De quelle façon les élèves, dans le système scolaire franco-ontarien, sont-ils désignés comme ayant des besoins éducatifs particuliers?
2) De quelle façon des difficultés langagières ou des inégalités sociales en arrivent-elles à s'exprimer en termes de « besoins éducatifs particuliers » pouvant entraîner un étiquetage néfaste et souvent définitif des élèves?

Ce ne sont que quelques-une des questions auxquelles tente de répondre Nathalie Bélanger, chercheure au Centre de recherche en éducation franco-ontarienne (CRÉFO). Madame Bélanger a mené une enquête dans trois écoles élémentaires de langue française en Ontario. Sa recherche analyse et documente de quelles façons les élèves sont identifiés comme étant en difficulté et tente de saisir les perceptions des enseignant(e)s et parents au regard de l'intégration.

La recherche dévoile qu'en général les parents, tout comme les enseignant(e)s d'ailleurs, considèrent que « les difficultés qu'éprouvent les élèves sont souvent analysées comme étant « quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux ». C'est comme si l'enfant était porteur de ses difficultés au lieu d'analyser ces dernières en relation avec le contexte normatif de l'école » (Bélanger, 1999). On note également que les classes spécialisées ou les centres d'apprentissage fonctionnent un peu comme des soupapes pour le personnel enseignant. En effet, lorsqu'un(e) enseignant(e) juge qu'un élève est épuisé ou perturbateur, il est envoyé, du moins dans l'une des écoles visitées lors de l'enquête, en classe spécialisée pour une courte période d'activités. Il en est de même si un(e) enseignant(e) est épuisé(e), ne sachant pas trop quoi faire avec un enfant, la classe spécialisée devient un recours, une « porte de sortie »(Bélanger, 1999).

Tout semble laisser croire que l'identification des élèves en difficulté, dans le système scolaire de l'Ontario, s'insère dans un processus bureaucratique. Les difficultés qu'éprouvent les élèves sont ainsi catégorisées comme anomalies pour les besoins du ministère et a comme conséquence de renforcer la séparation des élèves dits « réguliers ou normaux » des autres identifiés comme étant « différents ».

Hyperlien
Centre de recherche en éducation franco-ontarienne (CRÉFO) Bélanger, Nathalie (1999). Les élèves en difficulté à l'école élémentaire franco-ontarienne. Rapport soumis au ministère de l'Éducation de l'Ontario, (81 pages). http://www.oise.utoronto.ca/CREFO/

 

2. Adaptation scolaire

Sujet d'intérêt
Le concept de « School Plus »

Information recueillie par Mylène Lavoie

Objet de la préoccupation
Au Nouveau-Brunswick, le ministère de l'Éducation porte un nouvel intérêt au concept de « School Plus » développé en Saskatchewan. Ce concept est né principalement de la reconnaissance de deux fonctions primordiales de l'école, soient l'éducation des enfants et des adolescents et un rôle dans l'accès des ressources et services offerts à la communauté. Ce dernier rôle servirait en fait à combler une variété de besoins des élèves afin que ces derniers soient aptes à entreprendre leur processus d'apprentissage. Il implique donc l'établissement et le développement d'un réseau avec les différents organismes et services communautaires pour faciliter l'accès aux ressources et services auxquels les élèves peuvent avoir recours. C'est d'ailleurs en cela que consiste le concept de « School Plus ».

Éléments d'analyse
Le concept de « School Plus » a été développé dans l'optique que l'école est non seulement un centre d'éducation mais aussi un support pour l'intégration sociale des élèves. L'école répondrait ainsi aux besoins des jeunes en termes d'apprentissage et de développement, afin que ces derniers puissent développer leur plein potentiel. Pour un développement complet des élèves, soit intellectuel, social, émotionnel et physique, les écoles doivent donc pouvoir diriger ces derniers vers des services appropriés sur les plans social, de la santé, récréatif, culturel, de justice et autres. Le principe sur lequel repose le concept de « School Plus » est que les écoles doivent être prêtes pour accueillir les élèves plutôt que les élèves soient prêts à aller à l'école.

Suivant le concept de « School Plus », toutes les écoles, devraient être des centres communautaires, ouverts et inclusifs, activement engagés avec les jeunes, leurs familles et la communauté. Si les élèves ont accès aux services répondant à leurs besoins à partir de l'école, les professeurs auraient ainsi davantage de latitude pour se concentrer sur l'enseignement. Cependant, le concept de « School Plus » exige une collaboration entre les différents ministères gouvernementaux, les organismes et services communautaires et le système scolaire.

En Saskatchewan, après s'être penché sur la question de l'intégration du concept de « School Plus », des actions-clées ont été définies afin de faciliter la mise en place du modèle " School Plus " dont les principales sont :
- Adopter la philosophie d'école communautaire dans toutes les écoles;
- Mettre en place des mécanismes pour le partage des responsabilités entre les ministères, les organismes et services communautaires et le système scolaire;
- Relier les ressources humaines aux écoles;
- Continuer le développement des programmes pour la petite enfance;
- Développer des stratégies répondant aux besoins des jeunes;
- Se pencher sur le passage du primaire au secondaire;
- Poursuivre le développement du réseau entre les différents organismes et associations culturelles, sportives, récréatives et les écoles.

Le concept de « School Plus » a été développé dans le but de satisfaire aux attentes de la population face à la capacité des écoles à répondre aux divers besoins des élèves d'aujourd'hui. C'est pourquoi le gouvernement du Nouveau-Brunswick, spécialement le ministère de l'Éducation, s'intéresse au concept de « School Plus ».

Questions
La province du Nouveau-Brunswick se penche présentement sur la possibilité de mettre en place le modèle de « School Plus » chez elle, ce qui amène diverses interrogations :
- En quoi le concept de « School Plus » peut-il représenter un intérêt pour la province du Nouveau-Brunswick ?
- Comment développer davantage le réseau déjà existant entre les différents ministères, les organismes et services communautaires et le système scolaire de la province du Nouveau-Brunswick ?
- Quels sont les différents moyens pouvant être mis en œuvre pour intégrer davantage la philosophie d'école communautaire dans la province ?
- Comment le modèle « School Plus » peut-il contribuer à répondre aux besoins des élèves d'aujourd'hui ?

Hyperliens
News Release, February 21, 2002, Government Endorses School Plus Model : http://www.gov.sk.ca/newsrel/2002/02/21-112.html

SaskCulture's Response to the Government of Saskatchewan Tymchak Report on Education, November 28, 2000 :
http://www.saskculture.sk.ca/Advocacy/tymchak_report.htm

 

3. Petite enfance et intervention précoce

Sujet d'intérêt
La petite enfance au Nouveau-Brunswick

Information recueillie par Mylène Lavoie

Objet de la préoccupation
Le Nouveau-Brunswick a porté un intérêt tout particulier à la petite enfance au cours de la dernière décennie. En effet, plusieurs programmes pour la petite enfance ont été mis en place à travers toute la province. Des études ont été menées afin d'évaluer ces derniers et leur capacité à préparer les jeunes enfants à s'intégrer au système scolaire.

Éléments d'analyse
En avril 1994, le ministère de la Santé et des Services communautaires du Nouveau-Brunswick a mis sur pied le programme d'Initiatives pour la petite enfance (IPE), dont l'objectif était d'améliorer les résultats dans le développement des enfants de 0 à 5 ans identifiés comme présentant des risques " de retards de développement, de négligence ou de violence, ou de problèmes physiques et affectifs associés à d'autres handicaps ". L'IPE est l'approche globale qui coordonne la prestation des services à l'intention des enfants et des familles. Cette initiative, qui s'étend à toute la province, a été annoncée par le gouvernement en 1992 pour donner suite au rapport de la Commission sur l'excellence en éducation. Son objectif était de s'assurer que tous les enfants entrant à la maternelle aient les meilleures chances possibles de réussir dans le système scolaire et soient prêts à réaliser leur potentiel.

L'IPE comprend sept programmes de services sociaux et de santé distincts : des services de dépistage et d'intervention prénatals, des services de dépistage et d'intervention postnatals, des cliniques préscolaires pour enfants de trois ans et demi, des services d'intervention précoce à domicile, des garderies intégrées, des services de prévention par des travailleurs sociaux et des services d'économistes familiaux. Le ministère de la Santé et des Services communautaires a constaté qu'il fallait évaluer avec ces derniers, si les enfants qui commencent la maternelle sont mieux préparés à apprendre. (Douglas Willms 2000)
À l'époque, Développement des ressources humaines Canada (DRHC) venait de mener la première phase (1994-1995) de l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ). Le groupe de travail du DRHC a constaté une grande cohérence entre les concepts qu'il voulait analyser concernant la « maturité scolaire » et les indicateurs employés par l'ELNEJ. Ainsi, le ministère de la Santé et des Services communautaires a approuvé le projet d'utilisation de l'ELNEJ pour évaluer les résultats du développement des enfants. En s'arrimant à l'ELNEJ, le ministère de la Santé et des Services communautaires allait disposer d'une base d'évaluation longitudinale et relativement peu coûteuse axée sur les résultats permettant de comparer le Nouveau-Brunswick aux autres provinces. (Douglas Willms 2000)

Puis, en octobre 1998, le ministre de la Santé, Allan Rock, et la ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Ann Breault, ont annoncé que, dans le cadre du Fonds pour l'adaptation des services de santé, le gouvernement fédéral octroyait 25 000 $ à la réalisation d'un projet visant à améliorer la santé et le bien-être des enfants d'âge préscolaire au Nouveau-Brunswick. Le projet Analyse des données sur la préparation à l'école devait procurer des points de repère pour mesurer les résultats de l'Initiative pour la petite enfance (IPE).

Le projet permettait ainsi l'analyse de données recueillies au sujet des enfants du Nouveau-Brunswick dans le cadre de l'Enquête longitudinale nationale de Statistique Canada sur les enfants et la jeunesse. L'étude et l'analyse de base fournissaient ainsi au Nouveau-Brunswick un point de repère pour déterminer dans quelle mesure le but de l'Initiative pour la petite enfance avait été atteint.
Suite aux études menées sur la petite, certaines recommandations ont été formulées. Ces dernières portaient principalement sur l'investissement dans les programmes d'alphabétisation pour les jeunes enfants et la révision complète des garderies dans la province. Elles préconisaient la mise en place d'un effort généralisé devant être fourni en faveur de l'éducation de la petite enfance au Nouveau-Brunswick ainsi que l'établissement d'un système de suivi continu de l'IPE et autres programmes connexes. (Douglas Willms 2000)

Questions
Suite aux études effectuées et aux recommandations formulées concernant la petite enfance dans la province du Nouveau-Brunswick, certaines préoccupations persistent :
- Les différents programmes pour la petite enfance développés dans la province préparent-ils adéquatement les jeunes enfants à leur intégration au sein du système scolaire ?
- Quels sont les différents moyens pouvant être mis en œuvre pour répondre plus adéquatement aux besoins dans le domaine de la petite enfance ?
- De quelle manière, concrètement, un effort commun et coordonné pourrait-il être fourni à l'intérieur de la province pour la petite enfance ?
- Les efforts fournis dans le domaine de la petite enfance au Nouveau-Brunswick suite aux études effectuées ont-ils donné des résultats tangibles ?

Hyperliens
Le devenir des jeunes enfants au Nouveau-Brunswick s'est-il amélioré ?, J. Douglas Willms, in Isuma,Vol.1, no 2, Automne 2000:
http://isuma.net/v01n02/willms/willms_f.shtml

Financement fédéral de deux projets sur la prestation des services de réadaptation et le bien-être des enfants d'âge préscolaire au Nouveau-Brunswick, Santé Canada, Communiqué 1998-72, 19 octobre1998:
http://www.hc-sc.gc.ca/francais/media/communiques/1998/98_72f.htm

 

4. Difficultés d'ordre comportemental

Sujet d'intérêt
Discipline et élèves en difficulté de comportement

Information recueillie par Mylène Lavoie

Objet de la préoccupation
Dans les écoles, les enseignants et enseignantes doivent parfois faire face à des situations impliquant des enfants en difficulté de comportement et développer des stratégies d'intervention souvent reliées à une forme de discipline. Des études récentes tendent à démontrer que les enfants d'aujourd'hui semblent manifester davantage de comportements problématiques que par le passé. Des rapports font état d'une escalade de violence et de possession d'armes dans les écoles. Certains enseignants auraient même peur de leurs élèves. Le milieu de l'éducation se penche donc sur le problème et tente de mettre en place des stratégies d'intervention efficaces.

Éléments d'analyse
Un élève en difficulté de comportement se définit, selon Raymond Vienneau, comme « un apprenant ou une apprenante qui manifeste des difficultés d'ordre social (agressivité, violence, etc.) ou d'ordre affectif (timidité excessive, comportement de retrait, dépression, etc.), difficultés qui sont telles qu'elles nuisent à son intégration au groupe-classe ou qu'elles altèrent son processus d'apprentissage (dans ce dernier cas, la difficulté sera très souvent accompagnée d'une difficulté d'apprentissage) ». L'élève vit des difficultés par rapport à sa capacité de décoder la dynamique des attentes que commande sa situation au sein d'un environnement social. (AEFNB 2001) Les administrations scolaires scrutent désormais plus que jamais les causes sous-jacentes des problèmes de comportement. Elles essaient de distinguer la polissonnerie bon enfant et les problèmes de santé mentale non diagnostiqués, de façon à mieux choisir leurs stratégies de discipline.

La discipline est axée aujourd'hui sur le concept de la responsabilisation et peut faire appel à la résolution de problèmes, à la médiation par les pairs, aux périodes d'arrêt et au counselling. Les éducateurs visent ainsi à ne pas entraver le progrès scolaire des élèves ni à les pénaliser pour des comportements qui pourraient être symptomatiques de problèmes émotifs. Les termes « bien-être » et « estime de soi » font désormais partie du vocabulaire des politiques sur la discipline, au même moment où les ministères provinciaux de l'Éducation et les conseils scolaires essaient de réduire les problèmes de comportement de façon à aider les élèves. (Tillson 2000)

Les effets de la discipline sur les élèves font l'objet d'études plus approfondies. Les résultats préliminaires indiquent qu'il y aurait une importante corrélation entre l'isolement et plusieurs types de problèmes, ce qui laisse entendre que toute mesure disciplinaire qui isole les élèves serait contre-productive. En Ontario, si un éducateur soupçonne qu'un problème cache un trouble d'apprentissage, d'hyperactivité avec déficit de l'attention ou une maladie mentale, il fait appel aux services aux élèves qui organisent alors une rencontre du comité d'identification, de placement et de révision. Le cas est ensuite évalué et l'élève est dirigé vers les services appropriés au besoin. Plutôt que d'exclure un élève de la classe, son cas est évalué et une solution proposée, par exemple en l'aiguillant vers un programme d'éducation spécialisée ou d'orthopédagogie. (Tillson 2000) Même chose dans la province du Nouveau-Brunswick où les problèmes associés aux élèves en difficulté de comportement sont au cœur des préoccupations, explique Pierre Dumas, responsable de l'adaptation scolaire au ministère de l'Éducation.

Questions
Tant dans la province du Nouveau-Brunswick que celle de l'Ontario, les élèves en difficulté de comportement soulèvent les interrogations suivantes :
- Les stratégies d'intervention développées au sein du système d'éducation face aux problèmes soulevés par les élèves en difficulté de comportement sont-elles adaptées et efficaces ?
- Les différents programmes mis en place pour les jeunes en difficulté de comportement peuvent-ils faciliter l'intégration de ces jeunes au sein des systèmes scolaire et social ?
- Quels sont les rôles que doivent tenir respectivement les enseignants, les parents et les éducateurs dans les situations impliquant des élèves en difficulté de comportement ?

Hyperliens
Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) 2001, L'École : au cœur de la réussite de tous les élèves, Mémoire sur l'inclusion scolaire soumis au ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick : http://www.aefnb.nb.ca/inclusio.pdf

Tamsen Tillson, Turbulence ou cri de détresse? Comprendre le désarroi des élèves pour mieux les discipliner, Le Journal de toxicomanie et de santé mentale, septembre/octobre 2000 :
http://www.camh.net/francais/journal/journalv3no5/mischief_or_help.html

 

5. Autisme

Sujet d'intérêt
Services en santé mentale pour les personnes ayant un handicap intellectuel : combler les lacunes, Reflets : Revue ontaroise d'intervention sociale et communautaire, Vol. 6, numéro 1, 2000.

Information recueillie par : Christine Villeneuve

Article de Robert Leclerc, École de psychologie, Université d’Ottawa

Dans cet article, Robert Leclerc, présente et analyse les différents facteurs liés à la pénurie des services cliniques adéquats pour les personnes ayant un handicap intellectuel et un problème de santé mentale. Il fait appel aux données scientifiques sur le sujet et à l’expérience clinique auprès de francophones ayant un double diagnostic et vivant en Ontario, plus précisément dans la région d’Ottawa. Cette analyse offre des pistes d’action pour répondre aux lacunes existantes. Après avoir parcouru cet article le lecteur acquiert une compréhension de la réalité des individus ayant un double diagnostic et de l’abandon dont ils sont victimes.

 

6. Déficiences physiques

Sujet d'intérêt
Snoezelen Room

Commentaire
Ce projet est le premier à but non lucratif et offre l’accès à des appareils de stimulation sensorielle à la communauté. On retrouve, chez certaines agences, un Snoezelen Room installé dans les bureaux pour leur clientèle. Le Snoezelen Room est un concept hollandais qui date des années 1970 et est reconnu comme moyen de relaxation et de loisir et non comme un moyen thérapeutique.

Clientèle cible
Ce projet offre l'accès à des appareils de stimulation sensorielle aux enfants avec déficiences physiques, problème de santé mentale ou ayant des problèmes d'ordre comportemental. Ces enfants sont référés par des agences, associations et écoles de la région de Windsor en Ontario. Les intervenants travaillent en collaboration avec les enseignant(e)s et intervenant(e)s en enfance spécialisée.

Objectifs poursuivis
Le projet est reconnu comme un moyen de relaxation et de loisir et non comme un moyen thérapeutique. Ainsi son but est d'offrir aux enfants une expérience sensorielle exclusive. Les bénéfices rattachés à cette expérience varient d'un enfant à l'autre. On y retrouve entre autres les bénéfices suivants : un contrôle de l'agressivité et de la frustration, une amélioration dans l'attention et l'intégration à l'école et un meilleur esprit de coopération.

Description du projet
Le Snoezelen Room est un concept hollandais qui date des années 1970. Initié en 1998 et supporté par The Hospice of Windsor and Essex County Inc, le projet Snoezelen Room, nouvellement incorporé, a pignon sur rue à l'intérieur des murs de l'hospice. Devenu récemment un organisme à but non lucratif, le Snoezelen Room offre ses services à toute la communauté. À l'aide d'accessoires tels la fibre optique, des tubes de bulles qui enveloppent l'enfant, la musique, l'aromathérapie et de multiples autres appareils de stimulation et de relaxation sensorielle, les enfants peuvent bénéficier d'une expérience sensorielle unique. De plus, les intervenants de Snoezelen Room offrent, aux parents et aux professionnels, de l'assistance dans la plannification et l'achat d'appareils afin de mettre sur pied un Snoezelen Room à la maison.

Hyperlien
Aucun site web n'est disponible pour l'instant. Pour de plus amples informations, communiquez avec Lynn Fitzsimmons au (519) 974-7100 ou encore à l'adresse de courriel suivante : lynnf@wincom.net

 

7. Difficultés d'apprentissage

Sujet d'intérêt
Enfants en difficulté. Article tiré du journal Le Droit d'Ottawa.
http://www.cyberpresse.ca/droit/editorialistes/mmaltais/mmal_301110038949.html

Information recueillie par Christine Villeneuve

Objet de la préoccupation
Article de Murray Maltais donnant son opinion sur la cause perdue par le Conseil des écoles catholiques de langue française du Centre-est (CECLFCE) du petit Philippe Lang.

Voici l’article :

Enfants en difficulté
par Murray Maltais, Le Droit

Les cas opposant des parents d'élèves en difficulté d'apprentissage aux administrations scolaires nous troublent, parfois jusqu'au tréfonds de l'âme. Jusqu'où va la responsabilité des services d'éducation financés par les citoyens?

Récemment, le Tribunal de l'enfance en difficulté de l'Ontario a donné raison aux parents du petit Philippe Lang. Ils n'acceptaient ni l'attitude, ni les décisions du Conseil des écoles catholiques de langue française du Centre-est (CECLFCE) à l'endroit de leur fils. Or, le Tribunal se montre très sévère envers le Conseil. Il parle même de pression soutenue de sa part, «afin de décourager les parents dans leurs efforts pour régler les problèmes d'apprentissage de Philippe».

Le Tribunal donne entièrement raison aux parents. Bien que la loi et les règlements exigent leur participation à toutes les étapes du processus, Hélène Boisvert-Lang et Michel Lang n'ont été ni consultés, ni écoutés; le Conseil n'a pas fait de cas de leurs nombreuses démarches auprès de professionnels pour évaluer Philippe (à leurs frais, soit une somme de 15 000 $); il a fait fi de leurs «demandes raisonnables». Il ordonne donc au Conseil d'offrir à l'enfant tous les services requis, dont une assistance individualisée en salle de classe et en retrait par du personnel qualifié.

Il faut saluer le courage et la tenacité de parents comme le couple Lang, qui doivent souvent se battre pour obtenir des services adéquats de la part des administrations scolaires. Leur fils souffre de dyslexie et d'un dysfonctionnement cérébral mineur appelé dyspraxie qui entraîne des difficultés du langage, du calcul et de la perception.

Le Conseil a tenté d'insinuer que Philippe présentait une déficience intellectuelle. Les tests neuropsychologiques suggéraient des problèmes assez graves, mais d'un autre ordre, a statué le Tribunal, qui rabroue le Conseil en qualifiant son attitude de «surprenante et de déplorable».

Il faut toutefois se demander dans quelle mesure les conseils scolaires en général, et le CECLFCE en particulier, disposent des ressources voulues pour répondre aux besoins d'enfants comme Philippe. Sans juger de son cas particulier, leur présence en classe peut retarder les autres et augmenter considérablement la charge de l'enseignant, même si l'élève s'absente la moitié du temps pour voir d'autres éducateurs spécialisés. En outre, il est évident que plus les administrateurs scolaires devront s'occuper de cas similaires, plus ils devront disposer de moyens et de ressources qu'ils n'ont visiblement pas à l'heure actuelle. C'est pour cette raison qu'on sent un certain désarroi au CECLFCE, à la suite du jugement dont il a fait l'objet et qui est sans appel. Les plus cyniques diront qu'apppliquer de telles décisions revient à niveler par le bas. Un conseil scolaire doit forcément agir dans l'intérêt général de ses élèves. Si un tribunal le force à tenir compte de besoins très particuliers, ses responsables devront faire d'impossibles arbitrages.

L'idéal serait que les conseils scolaires puissent se dévouer à l'éducation des élèves en difficulté d'apprentissage. Personne ne devrait bafouer leurs droits, à commencer par le système éducatif! Ce système devrait plutôt les aider à s'aider eux-mêmes, à rehausser leur estime de soi, à leur inculquer un savoir et une formation qui en feront des citoyens meilleurs, plus responsables, moins dépendants. Mais si les conseils se trouvent démunis et que le gouvernement de l'Ontario ne leur fournit pas l'argent et les outils, on se demande comment des décisions comme celle du Tribunal de l'enfance en difficulté pourront vraiment être appliquées.

Tout ce que le Conseil s'est fait dire à ce propos, c'est que le système d'éducation de l'Ontario était «en pleine évolution» et qu'on s'attendait à de «nouveaux critères». Avec le gouvernement conservateur, faut-il s'attendre à des augmentations ou des diminutions dans les ressources aux enfants qui demandent plus d'attention que les autres?

 

8. Élèves à risque

Sujet d'intérêt
Le concept de soi des élèves éprouvant des difficultés d'apprentissage

L'image de soi consiste à définir la personne que l'on croit être et que l'on veut être et si cette image de soi est positive il est probable que nos chances de succès ou encore celles d'atteindre le bonheur sont multipliées. Cette image que l'on a de soi peut-elle également influencer notre capacité d'apprendre? Deux chercheurs se sont penchés sur cette question en effectuant une étude auprès de 184 élèves dont quatre-vingt-douze d'entre-eux éprouvent des difficultés d'apprentissage.

Claire Maltais de l'Université du Québec à Hull et Yves Herry de l'Université d'Ottawa ont confirmé par cette étude l'existence de la relation entre le concept de soi des apprenants et les difficultés d'apprentissage. L'étude fut menée auprès d'élèves francophones de classes régulières de septième et huitième années de la région d'Ottawa en Ontario. Les résultats ont démontré que « les apprenants en difficulté ont un concept de soi scolaire global plus faible que les élèves qui n'éprouvent pas de difficultés d'apprentissage. » De plus, leur recherche dévoile qu'une « difficulté en mathématiques affecte négativement le concept de soi en mathématiques et le concept de soi scolaire, alors qu'une difficulté en français affecte négativement le concept de soi en mathématiques, le concept de soi en français, le concept de soi scolaire et le concept de soi globale. » (Maltais, Herry)

Ces chercheurs soulignent également que les résultats de leurs études devraient être confirmés par d'autres études menées auprès d'échantillons de population variée. L'exploration d'autres variables associées au développement du concept de soi sont nécessaires comme par exemple la relation entre le concept de soi et le réseau social de l'apprenant ou encore les caractéristiques individuelles de l'apprenant qui peuvent affecter le concept de soi tels les échecs scolaires à répétition.

Hyperlien
Association canadienne d'éducation de langue française (ACELF), Le concept de soi des élèves éprouvant des difficultés d'apprentissage; Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle, Volume XXV 2, http://www.acelf.ca/revue/collection.html

 

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Page retouchée le 15 janvier 2001