Thématique > Intégration et inclusion


Présentation

L’intégration scolaire

par
Robert Doré

 

La présence d’un EHDAA dans une classe ou dans une école ordinaire a pour effet de créer ou d’augmenter la diversité parmi les élèves du groupe ou de l’école. Dès lors, on ne peut plus parler de groupes d’élèves homogènes mais de groupes hétérogènes. Ceci risque de poser problème aux enseignants de classe ordinaire qui ont été formés à travailler avec des groupes d’élèves homogènes.

Cette rubrique traite des différents thèmes associés à l’intégration scolaire d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

Les types d’intégration qui sont considérés sont ceux d’EHDAA placés en classe ordinaire à temps complet ou à temps partiel ou en classe spéciale dans une école ordinaire. Ils se déroulent en maternelle, au primaire ou au secondaire. Il peut s’agir de situations où des ÉHDAA sont soit introduits pour une première fois soit maintenus dans ces différents environnements.

L’enseignant de classe ordinaire qui est confronté à cette réalité se doit de développer de nouvelles compétences. Par exemple, il peut être appelé à superviser une aide technique et par conséquent il doit développer des habiletés de gestionnaire; il doit adapter son enseignement et sa gestion de classe à un groupe hétérogène; il peut être appelé à mettre sur pied un système de tutorat.

L’enseignant en adaptation scolaire qui peut être appelé à donner du soutien aux élèves intégrés ou aux enseignants de classe ordinaire doit aussi posséder ces compétences et connaissances.

Dans cette rubrique toutes les différentes dimensions reliées aux situations d’intégration des EHDAA peuvent être regroupées sous plusieurs thèmes. Les principaux sont :

  • les termes utilisés et les différentes philosophies privilégiées : les notions d’intégration, d’intégration physique, sociale et pédagogique, les approches d’intégration-mainstreaming et d’intégration-inclusion;

  • les conditions de réussite de l’intégration, les valeurs (le principe de normalisation ou de valorisation des rôles sociaux), les attitudes, les facteurs sociaux et légaux, l’adaptation des programmes et de l’enseignement, les mécanismes de soutien et de suivi, les critères de réussite, les ressources, la collaboration famille-école-collectivité;

  • les lois et les règlements concernant l’intégration scolaire;

  • les impacts ou les effets de l’intégration sur les différents agents de l’intégration incluant les élèves intégrés et les élèves ordinaires;

  • les phénomènes liés au changement du fait de la venue d’élèves différents dans un contexte de classe ordinaire ou de classe spéciale dans une école ordinaire;

  • le perfectionnement des enseignants en exercice de classe ordinaire et ceux de l’adaptation scolaire et la formation des futurs enseignants de ces deux champs face à l’intégration scolaire.

 

VALORISATION DES RÔLES SOCIAUX

La valorisation des rôles sociaux est l’utilisation de moyens culturellement valorisés pour permettre aux personnes (socialement dévalorisées) d’obtenir et de conserver des rôles socialement valorisés. La valorisations des rôles sociaux implique à la fois l’atteinte de buts (la valorisation des rôles sociaux des personnes) et l’utilisation de moyens valorisée, les personnes dévalorisées doivent avoir des conditions de vie (services de logement, de travail et de revenu, de santé et d’éducation) au moins aussi bonnes que celles du citoyen ordinaire et, dans la mesure du possible, leurs compétences, apparences expériences, statuts et réputations aux yeux de la société doivent être améliorés et soutenus. La valorisation des rôles sociaux a de nombreuses conséquences, certaines très vastes et d’autres très spécifiques, du niveau le plus élevé de la société jusqu’au niveau individuel; ces conséquences sont davantage expliquées dans les mesures de ce volume (Wolfensberger et Thomas, 1983 : p.34)

 

INTÉGRATION

Il y a intégration lorsque les gens participent publiquement les uns avec les autres dans des activités, en des lieux et en quantité culturellement normatifs (Wolfensberger et Thomas, 1983 : p.29-30).

L’intégration, c’est l’interaction harmonieuse de parties pour former un tout; être intégré, c’est ne pas être ségrégué. (Moore, Abraham et Laing, 1980 : 63]

 

INTÉGRATION PHYSIQUE

L’intégration physique est la présence physique d’une ou de plusieurs personnes (dévalorisées) dans les établissements, les situations et lors d’activités ordinaires où des gens non dévalorisés sont également présents; cependant, une telle intégration physique ne signifie pas nécessairement que la ou les personnes dévalorisées interagissent avec celles non dévalorisées. Par exemple, un groupe d’enfants handicapés peut être physiquement intégré dans une école générique d’enfants et bien que les enfants partagent les mêmes lieux et participent peut-être bien aux mêmes activités (les assemblées d’école, activités sportives), les enfants handicapés peuvent ne pas avoir d’interrelations sociales véritables avec leurs pairs non handicapés. (Wolfensberger et Thomas, 1983 : p.29-30).

 

INTÉGRATION SOCIALE

L’intégration sociale consiste en la participation de la ou des personnes (dévalorisées) avec les citoyens non dévalorisés aux interactions et interrelations sociales qui sont culturellement normatives en quantité et en qualité, qui ont lieu lors d’activités normatives et dans des établissement et contexte valorisés ou au moins normatifs. Ainsi, l’intégration sociale va plus loin que la simple présence de personnes valorisées et dévalorisées en un même lieu. (Wolfensberger et Thomas, 1983 : p.29-30)

 

INTÉGRATION-INCLUSION

1. Le concept d’inclusion reflète plus clairement et plus précisément ce qui est requis: tous les enfants doivent être inclus dans la vie sociale et éducative de leur école et classe de quartier et pas seulement placés dans le cadre scolaire normal (mainstream)

2. Le terme intégration est abandonné puisqu’il implique que le but est de réinsérer un élève ou un groupe d’élève dans le cadre normal (mainstream) de l’école et dans la vie communautaire, après qu’il en ait déjà été exclu; l’intégration-inclusion, elle, vise dès le départ à ne laisser personne à l’extérieur de l’enseignement ordinaire [...];

3. les écoles inclusives mettent l’accent sur la façon de construire un système qui tienne compte des besoins de chacun et qui soit structuré en conséquence;

4. enfin, il y a un changement de perspective, car on ne cherche plus à aider seulement les élèves éprouvant des difficultés; on tente plutôt de tenir compte des besoins de soutien de chaque membre de l’école (le personnel et tous les élèves) afin qu’ils réussissent dans le cadre normal des activités éducatives (p.3). (Stainback et al., 1992a)

 

INTÉGRATION-IMAINSTREAMING

L’Intégration-mainstreaming est une croyance qui implique une procédure et un processus de placement éducatif pour l’élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), qui repose sur la conviction que chaque élève doit être éduqué dans l’environnement le plus normal possible, afin que ses besoins éducatifs et autres besoins reliés soient comblés de façon satisfaisante.

Selon cette conception, les besoins éducatifs de l’ÉHDAA varient considérablement en intensité et en durée; il existe un continuum reconnu d’environnements éducatifs pouvant être appropriés aux besoins individuels des élèves; les ÉHDAA doivent le plus possible être éduqués auprès d’élèves normaux; et le retrait de l’ÉHDAA en classe spéciale ou dans une école spéciale ne doit s’effectuer que lorsque ses besoins sont tels qu’ils ne peuvent être comblés en milieu régulier auprès d’élèves normaux, avec l’aide et le soutien appropriés.

(Council for Exceptional Children’s Delegate Assembly, 1976, in Rosenberg, 1980)

 

CONDITIONS D’INTÉGRATION

C’est l’ensemble des éléments à réunir ou des actions à poser pour que l’intégration puisse réussir. Cet ensemble découle d’une vision systémique. (Doré, Wagner et Brunet, 1996: 80)

 

INTÉGRATION PÉDAGOGIQUE

L’intégration pédagogique est celle qui est basée sur une programmation et une planification continue et individuelle (Kaufman, Gottlieb, Agard et Kukic, 1975) et qui comporte les dimensions d’intégration physique, temporelle et sociale définies plus haut.

 

ATTITUDES

Les attitudes sont des prédispositions qui amènent une personne à répondre, favorablement ou non, à une situation ou à une autre personne. (Doré, Wagner et Brunet, 1996: 85, repris de Fishbein et Ajzen in Horne, 1985)

 

CRITÈRES DE RÉUSSITE

Brinker et Thorpe (1983) distinguent deux types de critères de réussite de l’intégration: les indicateurs indirects et les indicateurs directs. Les premiers servent à évaluer la présence de conditions généralement associées à la réussite de l’intégration comme par exemple, un climat de confiance dans l’école, la participation des enseignants aux activités de formation sur l’intégration.... Les seconds, servent plutôt à évaluer directement si l’intégration est réussie comme par exemple, la présence à temps complet ou presque de l’élève intégré en classe ordinaire, son apprentissage de savoirs similaires ou identiques à ceux du programme général, ses progrès relatifs aux objectifs du PEI.... (Doré, R., Wagner, S. et Brunet, J.-P., 1996 : 185-186).

 

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