
|
Texte recueilli
Au Québec, nous dit M. Dudley en guise dintroduction, une grande part du mérite quant à lavancement de la cause des audimuets revient aux parents Il cite plus particulièrement Mme Kathleen Marabeti, Carole Bouchard et Marie-Josée Champagne, à qui nous devons la création de lAssociation Québécoise pour les Enfants atteints daudimutité(AQEA).Plus encore que les orthophonistes ou les universitaires, ce sont ces parents et tous ceux qui les ont appuyés au fil des ans qui ont véritablement pris la situation en main et fait en sorte, par leur engagement, que soient mis en place de plus en plus de services pour ces enfants. Un premier constat effectué par le conférencier porte sur le système déducation au Québec et sur son ouverture vis-à-vis de la clientèle particulière que constituent les audimuets. Il est de toute première importance pour le développement de ces enfants que les parents, les enseignants et les directeurs détablissements scolaires ne restent pas à la remorque du système et que sinstaure une véritable dynamique de communication horizontale et verticale afin que lon puisse trouver des solutions rapides et concrètes aux problèmes rencontrés en cours de route. Se fondant sur son expérience personnelle, M. Dudley indique que là où une telle coopération sest installée on a effectivement constaté des progrès considérables dans la scolarisation de ces enfants. Si cette approche fonctionne relativement bien pour le cycle primaire, il en va malheureusement autrement pour le niveau secondaire. En effet, la plus grande dimension de ces établissements, le nombre plus important denseignants et la complexité administrative tendent à rendre plus difficiles la communication et le dialogue entre les intervenants. Il nest donc pas étonnant, dans ces conditions, que ce soit à ce stade de sa scolarisation que ladolescent audimuet commence à accumuler des retards dans son apprentissage. Certaines expériences dintégration démontrent toutefois quavec un minimum dadaptation des structures et des politiques en place dans le réseau de léducation, il est possible de repousser les limites de développement de ces enfants jusquà un niveau inespéré hier encore. M. Dudley mentionne à cet égard trois établissements denseignement collégial(les cégeps Ahuntsic, Montmorency et Sherbrooke) qui ont accepté, malgré une moyenne inférieure à leurs critères dadmission, des étudiants audimuets. Ceux-ci y obtiennent actuellement un rendement très satisfaisant et il dit ne pas douté de leur réussite pour lobtention de leurs résultats scolaires. Celui-ci insiste sur le fait que ces jeunes adultes ne sont pas des cas isolés. Les difficultés quils éprouvent sont aussi présentes quelles létaient pendant lenfance. Mais, avec de légères adaptations de la part de létablissement denseignement, ces individus parvenus à canaliser leurs forces et leurs forces et leurs faiblesses, et à poursuivre un développement scolaire normal. Pour terminer, celui-ci distingue trois grandes lacunes systémiques auxquelles se heurtent les jeunes audimuets et leurs parents. Sans y apporter ici de solutions concrètes, M. Dudley juge néanmoins important de les souligner afin que samorce au plus vite une réflexion dans les milieux concernés. 1- Daprès M. Dudley, un gros travail nous attend en ce qui a trait au système scolaire secondaire. Il est en effet inadmissible à ses yeux quun enfant ayant obtenu de bons résultats au cours de ses six premières années détudes éprouve tout à coup des difficultés majeures dès son entrée au secondaire. Il semble que la structure du système denseignement soit en cause. Évidemment, la solution à ce problème nest ni du ressort de lorthophoniste, ni celui du psychologue ou du médecin. Cest sur le plan politique(ministère de lÉducation et commissions scolaires) que de telles difficultés peuvent se résoudrent et il revient aux parents damorcer le dialogue et de provoquer le changement comme ils lont fait à de nombreuses reprises dans le passé. 2- Lapproche actuelle accorde en effet une grande importance aux développements scolaire et langagier des enfants audimuets. Sans critiquer la pertinence de ces facteurs dans leur développement, M. Dudley estime quil ne faudrait pas négliger pour autant limportance de la dimension sociale de leur apprentissage. Il serait périlleux pour lavenir de nos enfants de considérer leur intégration dans une seule perspective scolaire, en laissant pour compte leur intégration à la société. À cet égard, celui-ci estime que le taux de délinquance très élevé chez cette population nous indique quune lacune de notre mode actuel dintervention, devrait atteindre un équilibre relatif. 3-M. Dudley se dit étonné de constater quaujourdhui encore, 1995, les chercheurs et les différents professionnels narrivent pas à sentendre sur une définition commune de laudimutité. Il est impératif que ceux-ci établissent un dialogue entre eux et sentendent au plus vite sur une terminologie et une définition commune. Pour quavance véritablement la cause de nos enfants audimuets, du Québec, des États-Unis et de la France doivent pouvoir discuter du sujet et surtout se comprendre mutuellement. Cet extrait a été tiré de : Les actes du premier colloque sur laudimutité(1995).
|
| Présentation | | Textes sur le sujet | | Lectures choisies |
| Projets | | Formation | | Autres sites | | Ressources |
| Troubles du language | | Liste des thèmes |

Page retouchée le 8 janvier 2001